Labels

Par Jean-Christophe Castelain · Le Journal des Arts

Le 8 décembre 2015 - 335 mots

Le label « patrimoine mondial » décerné par l’Unesco est aujourd’hui universellement connu et apprécié. Les villes, les pays se mobilisent de plus en plus pour obtenir ce précieux sésame, qui flatte les habitants et attire les touristes. Cette distinction, qui, du jour au lendemain, change le regard et le statut sur un quartier ou un monument, en dit long sur le besoin de repères de nos contemporains. Dans une époque engagée dans un double mouvement de mondialisation et d’uniformisation, les sociétés réclament des totems. Les entreprises ont depuis longtemps compris l’intérêt et la valeur des marques commerciales qu’elles s’efforcent d’internationaliser. Le ministère de la Culture s’est lui aussi lancé dans la construction de « marques », le dernier en date concernant l’appellation « Frac » (Fonds régional d’art contemporain), qui sera prochainement protégée par la loi « création et patrimoine ». À chaque fois, le principe est le même, la structure qui postule pour un label doit s’engager à respecter un cahier des charges afin d’assurer une homogénéité des services.
Mais toutes les distinctions ne bénéficient pas de la même reconnaissance que celle accordée au patrimoine bâti ou naturel de l’Unesco. Même le « patrimoine culturel immatériel », dont la liste est également établie par l’organisation des Nations unies, n’égale pas sa prestigieuse aînée, laquelle éclipse par la même occasion le label « Patrimoine européen »,  qui vient d’être décerné par l’Union européenne à la ville de Strasbourg. En effet, la notoriété et la valeur des labels dépendent très largement des investissements individuels et collectifs des structures. Le label « Musée de France » souffre d’une confusion avec le nom « musée », lequel n’est pas protégé et peut être revendiqué par tout établissement, qu’il soit public ou privé, doté ou non d’une collection. De même le public mélange-t-il les « Scènes nationales » avec les « Centres dramatiques nationaux ». Si l’on identifie mieux les Villes et Pays d’art et d’histoire, les labels « Maisons des illustres », « Jardins remarquables » ou « Patrimoine du XXe siècle » souffrent d’un déficit de notoriété. Le monde de la communication a besoin de références, tout comme les labels nécessitent d’être promus.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°447 du 11 décembre 2015, avec le titre suivant : Labels

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