Ecole d'art

Éditorial

La formation permanente et les écoles d’art

Enseignement. Parmi les nombreuses réformes actuellement engagées par le gouvernement d’Édouard Philippe, celle relative à la formation professionnelle est une opportunité pour les écoles supérieures d’art, pour peu qu’elles sachent la saisir.

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Photo ISDiva

La France dépense chaque année une somme colossale, entre 30 et 35 milliards d’euros, pour former les adultes au cours de leur vie professionnelle et nombreux sont ceux, comme la Cour des comptes en 2017, à pointer les défaillances du système. Les écoles supérieures d’art sont, elles, confrontées à deux problèmes structurels : des ressources largement dépendantes des subventions publiques donc contraintes, et un affaiblissement des petites écoles au profit des établissements situés dans les grandes métropoles, à commencer par Paris. Moyennant quoi, dans le marché mondial de la formation initiale qui est en train de s’organiser, les écoles françaises perdent du terrain : les meilleurs étudiants français sont tentés de terminer leur parcours en Grande-Bretagne ou aux États-Unis alors que les meilleurs étudiants étrangers boudent la France.

Pourtant les écoles françaises ont des arguments à faire valoir. Elles jouissent d’une image de spécialiste, elles peuvent compter sur leurs anciens élèves, les locaux sont souvent vides (pendant les vacances) et les professeurs, pas très bien rémunérés, ont des heures de service disponibles. Rien ne les empêche donc de développer une offre de formation permanente là où il y a de la demande dans les entreprises : webdesign, graphisme publicitaire, charte graphique, logo, design industriel… Certaines écoles se sont lancées (lire page 26), mais cela reste timide.

Les bénéfices sont pourtant nombreux. D’abord en ressources propres supplémentaires qui permettront, par exemple, d’envoyer plus d’étudiants à l’étranger et de faire venir des enseignants dont la notoriété attirera en retour les meilleurs étudiants, français et étrangers. Cela infusera aussi une culture entrepreneuriale, qui fait souvent défaut à ces écoles et leur fera prendre conscience qu’elles évoluent dans un marché. Car n’oublions pas que 95 % des diplômés des écoles d’art ne deviennent pas des artistes mais des graphistes, stylistes, photographes… en entreprise.

Le plan de Muriel Pénicaud prévoit de simplifier l’inscription des ayants droit à un stage, à travers un site Internet. En fluidifiant le processus, il va permettre à de nouveaux formateurs de se mettre sur le marché. Les écoles supérieures d’art sauront-elles en profiter ? C’est maintenant qu’il faut y aller, car le ticket d’entrée sera bientôt trop cher.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°499 du 13 avril 2018, avec le titre suivant : La formation permanente et les écoles d’art

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