Cuba Si, Cuba No !

Par Philippe Régnier · Le Journal des Arts

Le 19 novembre 2004

Depuis 2003, la situation s’est dégradée à Cuba pour la liberté d’expression.

Le 18 mars 2003, la police de Fidel Castro a arrêté 27 journalistes indépendants, interpellés en même temps et au même titre qu’une cinquantaine de dissidents politiques. Ceux-ci sont aujourd’hui encore en prison après avoir écopé de peines allant jusqu’à ving-sept ans de réclusion. Le gouvernement communiste dispose à Cuba d’un monopole absolu sur la presse garanti par la constitution et la législation. Les journalistes qui travaillent pour ces organes de presse sont obligatoirement membres de l’Union des journalistes cubains, une instance proche du Parti communiste cubain. Seuls les journaux catholiques, et leurs moyens très limités, sont tolérés. Quelques dizaines de journalistes indépendants travaillent néanmoins en toute illégalité pour des sites Internet ou des radios qui émettent depuis la Floride. Beaucoup d’entre eux ont été victimes de l’interpellation du 18 mars 2003. Pour protester contre ces arrestations, l’Union européenne a décidé le 5 juin 2003 de « limiter les visites gouvernementales de haut niveau », « d’inviter des dissidents cubains aux cérémonies organisées à l’occasion des fêtes nationales » et de « réduire la participation des États membres aux cérémonies culturelles ». Les pays de l’Union sont ainsi revenus sur leur soutien aux événements tels que la Biennale d’art contemporain ou la Foire du livre de La Havane.

Ces graves atteintes à la liberté d’expression commises par le régime ne semblent pas pour l’instant frapper les artistes cubains, depuis quelques années plus nombreux sur la scène artistique internationale, exposant des travaux d’un grand intérêt. Beaucoup travaillent d’ailleurs à l’étranger, à tel point que l’art cubain se partage aujourd’hui entre un art « du dedans » et un art « du dehors ». Nous proposons dans ce numéro de découvrir quelques-uns de ces créateurs. Et nous avons demandé au ministre cubain de la Culture de s’expliquer. Parce qu’en France, la liberté d’expression n’est pas un vain mot.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°203 du 19 novembre 2004, avec le titre suivant : Cuba Si, Cuba No !

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