Samedi 22 février 2020

L’oublié de l’estampe

Par Pierre Morio · L'ŒIL

Le 23 octobre 2015 - 246 mots

Catalogue - Qui connaît Utagawa Kuniyoshi (1797-1861) ? Étonnamment, ce maître de l’estampe japonaise de la période d’Edo, contemporain d’Utamaro et de Hokusai, semble être passé au fil du temps au travers des mailles du filet des amateurs français.

Pourtant, comme le souligne Gaëlle Rio dans son texte, « les estampes de Kuniyoshi nourrirent (au XIXe siècle) l’imaginaire de toute une génération de marchands, de collectionneurs, de critiques et d’artistes. » Sa modernité dans le traitement des sujets abordés, du portrait au paysage en passant par la scène de genre, s’inspire tout autant des productions de ses camarades – la compétition est féroce – que des gravures hollandaises. Fin illustrateur, il s’attache à ce que sa représentation des corps et des visages soit réaliste, s’écartant en cela de la tradition de l’estampe. Grand caricaturiste, il met en scène chats, moineaux ou grenouilles dans des attitudes très humaines. Il développe aussi toute une série de portraits recomposés à partir d’une mosaïque de corps, préfigurant la célèbre photographie de Man Ray. Le Petit Palais répare cette injustice cet automne et lui consacre sa première exposition personnelle en France. Le catalogue qui l’accompagne est aussi un événement, car c’est le premier ouvrage à lui être entièrement consacré. Bien que les textes soient réduits à deux essais introductifs, l’un à l’art de Kuniyoshi, l’autre à sa réception critique au Japon et en Europe, l’essentiel est dit, et la qualité de reproduction des estampes permet d’apprécier l’étendue des talents de l’artiste.

Collectif, Kuniyoshi, le démon de l’estampe, Paris Musées, 301 p., 39,90 €.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°684 du 1 novembre 2015, avec le titre suivant : L’oublié de l’estampe

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