Lire Proust derrière Ruskin

Par Fabien Simode · L'ŒIL

Le 25 juin 2015 - 174 mots

ANTHOLOGIE Tant pis s’il ne parle pas anglais ! En 1900, Marcel Proust (1871-1922) se lance dans la traduction de deux ouvrages de John Ruskin (1819-1900), célèbre écrivain et critique d’art britannique : La Bible d’Amiens et Sésame et les lys.

Celui qui deviendra l’auteur de La Recherche mesure la difficulté de la tâche qu’il entreprend – elle lui prendra six ans de sa vie – et les contresens dont il sera à l’origine, mais, comme il l’écrit dans sa correspondance : « Je ne prétends pas savoir l’anglais, je prétends savoir Ruskin. » Ces deux traductions sont aujourd’hui reprises dans la collection « Bouquins », accompagnées d’un important appareil critique de notes et d’analyses établies par Jérôme Bastianelli, ainsi que par les articles publiés à l’époque dans la presse par le jeune écrivain sur son aîné. Ainsi cette nouvelle édition donne-t-elle autant à lire Ruskin que Proust, dont on peut mesurer le retentissement qu’a eu la lecture du premier sur le second, sur son style comme sur les thèmes qui lui deviendront chers : le temps et la mémoire.

Proust, Ruskin, La Bible d’Amiens, Sésame et les lys et autres textes, Robert Laffont, 1024 p., 30 €.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°681 du 1 juillet 2015, avec le titre suivant : Lire Proust derrière Ruskin

Tous les articles dans Médias

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque