Jean-François de Troy

Par Adrien Goetz · L'ŒIL

Le 17 décembre 2007

On a beaucoup prêté à l’auteur du célèbre Déjeuner d’huîtres de Chantilly – première trace dans l’iconographie occidentale du thème de l’explosion d’un bouchon de champagne, promis à une belle fortune cinématographique. Christophe Leribault, conservateur au musée Carnavalet, a sérieusement épuré le catalogue raisonné de l’œuvre peint et dessiné de l’artiste, sur lequel plus personne n’avait écrit depuis Louis Dimier en 1930. Mais cette magistrale synthèse va bien au-delà de l’indispensable approche attributionniste : il retrace la foudroyante carrière, à Paris et à Rome, d’un des artistes les plus intéressants du XVIIIe siècle, reconstitue le milieu social dans lequel évolue cet artiste qui, au dire de son ami Mariette « a toujours aimé à frayer avec les gens de finance et ce qu’on appelle les gros riches », avant d’être nommé directeur de l’Académie de France à Rome, prince de l’Académie de Saint-Luc, avant de tomber dans cet oubli inexplicable qui entoure parfois les noms trop illustres. Resurgissent ses décors d’églises, ses compositions ornementales éphémères exécutées à l’occasion de fêtes, ses cartons de tapisseries, les scènes de genre, les œuvres religieuses, les portraits. La multiplicité des talents de ce rival de Lemoyne, trop souvent éclipsé par la renommée de son père, François de Troy, éclate désormais au grand jour. Fourmillant d’œuvres jamais reproduites, écrit avec esprit, en pleine empathie avec son sujet, ce livre s’impose comme un monument scientifique consacré à la légèreté et à la douceur de vivre, nécessaire désormais dans toute bonne bibliothèque dix-huitièmiste.

Christophe Leribault, Jean-François de Troy, 1679-1752, Arthena, 125 euros.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°545 du 1 mars 2003, avec le titre suivant : Jean-François de Troy

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