Andrew Graham-Dixon (sous la direction de), L’Histoire de l’art en images

Une histoire de l’art, visuelle et partisane

Par Jean-Christophe Castelain · L'ŒIL

Le 23 décembre 2009

MANUEL - Les ouvrages généraux d’histoire de l’art ne sont pas si nombreux pour que l’on s’intéresse aux nouveautés.

Chacun cible un public particulier : le Gombrich qui « raconte » les grandes périodes à un lectorat néophyte, la collection Flammarion en quatre volumes plutôt destinée aux étudiants, l’indigeste (mais très pratique) Larousse dans la collection In extenso pour les courageux, etc. Et il y a les livres marketing, soigneusement étudiés pour pénétrer un vaste marché. L’Histoire de l’art en images, sous la direction d’Andrew Graham-Dixon est de ceux-là.

C’est un beau livre, à la couverture cartonnée qui a belle allure dans la bibliothèque. Il n’est pas cher, 40 euros (pardon 39,90 euros) donc un cadeau idéal. Il ambitionne d’offrir une vue d’ensemble de l’histoire de l’art, des peintures pariétales à la création d’aujourd’hui, ce qui flatte l’encyclopédiste qui tapit en chacun de nous. Et puis, surtout, il emprunte à la presse magazine populaire ce qui fait son succès : beaucoup d’images (2 500), peu de texte et de multiples entrées de lecture dans la page. C’est à la fois une sorte de dictionnaire d’artistes classés par périodes et une promenade peu exigeante dans l’histoire de l’art. Sur la forme il n’y a donc rien à redire, l’ouvrage n’avance pas masqué, il s’annonce dans son titre.

Sur le fond, en revanche, on relève quelques insuffisances. Les textes d’accompagnement, des définitions de dictionnaire avec juste ce qu’il faut de sensationnel ou de pittoresque pour capter l’attention, ne brillent pas par leur pertinence. Plus gênante est la lecture de l’histoire faite par les auteurs. Que la Renaissance italienne et l’impressionnisme, qui constituent les plus importants centres d’intérêt du grand public, occupent respectivement 45 et 20 pages, il n’y a rien à redire. Mais que l’art roman et gothique ne soit traité qu’en 2 pages, c’est en rester à une vision obsolète de cette période pourtant si riche au plan artistique.
 
Même la peinture scandinave du XIXe (sans vouloir la mépriser) a un meilleur traitement : 4 pages. Et si l’art d’après-guerre bénéfice d’une place raisonnablement confortable pour ce type d’ouvrage, on regrette que les Young British Artists soient autant mis en exergue, alors qu’aucun mouvement contemporain français n’est mentionné. Il est vrai que le livre est britannique...

Andrew Graham-Dixon (sous la direction de) L’Histoire de l’art en images, Flammarion, 610 p., 39,90 €

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°620 du 1 janvier 2010, avec le titre suivant : Andrew Graham-Dixon (sous la direction de), <em>L’Histoire de l’art en images</em>

Tous les articles dans Médias

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque