Dimanche 25 octobre 2020

Dessin

Succès pour Drawing Now Paris

La 6e édition du Salon du dessin contemporain s’est révélée globalement très satisfaisante

Par Christian Simenc · Le Journal des Arts

Le 12 avril 2012 - 808 mots

PARIS - Dimanche 1er avril, les marchands de la foire Drawing Now Paris avaient plutôt le sourire. Et ce n’était pas un « poisson »… d’avril !

Cette 6e édition du Salon du dessin contemporain, qui s’est déroulée du 29 mars au 1er avril, au Carrousel du Louvre, à Paris, en a, semble-t-il, satisfait plus d’un. « J’ai très bien travaillé, assure Anne de Villepoix (Paris). À l’Armory Show, à New York, vu le prix du stand, je me dois de montrer des pièces imposantes, en l’occurrence des sculptures. Ici c’est l’occasion de montrer des médiums qu’on n’expose pas habituellement. » Son focus sur l’artiste Omar Ba a séduit et un grand format intitulé Chien de race est parti à 7 500 euros, ainsi que deux petits formats à 2 000 euros pièce. « Parfois les visiteurs redécouvrent un artiste, observe la galeriste. Certains ont remarqué les dessins de Brad Kahlhamer, puis m’ont commandé des… peintures. » Pour Marie Cini, qui a ouvert sa galerie à Paris il y a tout juste un an et qui exposait, en focus, un impressionnant travail de Leïla Brett, le bilan est « très positif ». Elle a rencontré beaucoup plus d’étrangers que l’an passé et notamment vendu à des collectionneurs hongrois. Alain Gutharc (Paris), qui présentait un solo show de Marlène Mocquet dont des pièces étonnantes mêlant émail à froid, décalcomanie et… restes de peinture récupérés sur la bâche de son atelier, est, lui aussi, enchanté : « J’ai vendu tous ces dessins (25 petits formats à 1 300 euros pièce) ainsi que deux céramiques, qui plus est à des nouveaux collectionneurs. » Lesdites céramiques sont le résultat d’une résidence effectuée à la Cité de la céramique de Sèvres pendant laquelle Mocquet a orné des formes existantes. L’une d’elles, jadis dessinée par Ruhlmann, a trouvé acquéreur à 14 000 euros.

Même son de cloche chez Philippe Rey, directeur de la Galerie Römerapotheke, à Zürich. Ses superbes petits formats (6,7 x 8,8 cm) tout en clair-obscur du Suisse Marcel Gähler, vendus 3 800 euros pièce, ont notamment été acquis par Marin Karmitz et Martial Raysse. Et un très grand format de Jana Gunstheimer, Black Lady, de la série « Methods of Destruction », a été acheté 15 000 euros par Daniel et Florence Guerlain. Karin Müller (Gimpel & Müller, Paris), enfin, est très enthousiaste : « Nous défendons l’abstraction géométrique et, en général, il faut une certaine maturité pour y accéder, or j’ai eu tout de suite d’excellents contacts et fait de belles rencontres, des personnes qui ont des coups de cœur et d’autres, notamment de jeunes collectionneurs, qui découvrent nos artistes. » Pourtant, ce n’est pas le travail sensible d’Eve Gramatzki, proposé en focus, qui l’a emporté : « beaucoup d’intérêt, mais aucune vente », mais les autres artistes présentés par la galerie. Un papier de Nicolas de Staël datant de 1950 (75 x 70 cm, 23 000 euros) a ainsi été « très courtisé », notamment par deux musées français, l’un à Dunkerque, l’autre au Cateau-Cambrésis.

Un peu trop franco-française
Pince-sans-rire, Éric Dupont (Paris) use de la litote : « Ce serait stupide de ne pas être content. J’ai vendu un grand nombre de pièces entre 1 000 et 10 000 euros, entre autres de Damien Cabanes, Yazid Oulab ou Taysir Batniji. » Il a surtout cédé une très grande (144 x 256 cm) et très belle encre sur papier de Clément Bagot, Limon 1, à un collectionneur français, « entre 25 000 et 30 000 euros » (« J’aurais pu la vendre 35 000 euros », précise le marchand. C’est grâce à cette œuvre que Clément Bagot, 40 ans, a décroché le « Prix Drawing Now de dessin contemporain 2012 », doté de 5 000 euros. Cette année pourtant, le galeriste a senti les acheteurs quelque peu hésitants : « Ils prennent leur temps et ne confirment qu’à la fin de la semaine. Ce n’est pas une question de prix, sans doute est-ce dû au contexte actuel : crise économique, élection présidentielle, etc. » Même constat à la Galerie Lelong : « Nous avons travaillé très correctement, vendu un peu de chaque artiste, mais c’est un public lent et la décision prend du temps, remarque Serge Béreau. En outre, les visiteurs étrangers, eux, n’arrivent que le week-end. »

Jan-Philipp Fruehsorge, (Berlin) regrettait toutefois « que le salon ne soit pas davantage international ». Il présentait une monographie de la jeune artiste allemande Nadine Fecht, dont une œuvre sublime, Echo, a été achetée 6 000 euros par la Kunsthalle de Hambourg (Allemagne). « Le marché asiatique, par exemple, est en plein boom, or, sur 82 galeries, les visiteurs n’ont eu droit qu’à une unique galerie chinoise », déplorait le marchand. Sans doute exprime-t-il tout haut ce que d’aucuns reprochent tout bas à cette foire : d’être encore un peu trop… franco-française.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°367 du 13 avril 2012, avec le titre suivant : Succès pour Drawing Now Paris

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