Drawing Now, retour au Temple

Par Henri-François Debailleux · Le Journal des Arts

Le 12 mars 2014 - 1072 mots

Pour sa 8e édition, le Salon du dessin contemporain revient au Carreau du Temple, où il s’était déjà tenu en 2009, et ouvre un deuxième espace dédié aux jeunes galeries.

La marge était étroite entre la fin des travaux de rénovation et l’inauguration de la 8e édition de Drawing Now Paris, le Salon du dessin contemporain, au Carreau du Temple. La commission de sécurité a donné son feu vert dans les temps pour la réouverture du lieu au public après quatre années de fermeture. « Nous n’avons pas été trop inquiets, affirme Christine Phal, la présidente fondatrice de la manifestation. Et puis comme nous avons l’habitude d’investir des lieux dans un cadre événementiel, ce type de situation est fréquent. »

C’est dans ce même Carreau que s’était tenu Drawing Now en mars 2009, juste avant que cet ancien marché couvert du 3e arrondissement de Paris, construit en 1863, ne baisse le rideau pour être entièrement refait. Le Salon du dessin en aura donc fait la fermeture et l’ouverture. S’il s’était installé là en catastrophe en 2009 et grâce au maire du 3e, Pierre Aidenbaum, c’était parce qu’il n’avait pas obtenu, à l’époque, l’autorisation de la commission de sécurité pour se tenir dans les tout nouveaux « Docks en Seine, Cité de la Mode et du design », situés quai d’Austerlitz. Entre ces deux dates, 2009 et 2014, la manifestation a fait salon au Carrousel du Louvre.

Créé en 2007 à l’initiative de la galeriste Christine Phal et du critique d’art Laurent Boudier en tant que directeur artistique, le salon, qui ne s’appelait pas « Drawing Now » à l’époque (ce nouvel intitulé date de 2010), mais tout simplement « Salon du dessin contemporain », va en effet d’abord inaugurer sa première édition avenue d’Iéna (Paris-16e), dans un hôtel particulier, ancien siège de la Fédération française de football. L’année suivante il déménage rue du Général-Foix (Paris-8e), dans un immeuble qui venait d’être entièrement réhabilité. En 2009, la 3e édition mise sur le Carreau et en 2010, la 4e atterrit au Carrousel, avec Philippe Piguet comme copilote artistique (succédant à Laurent Boudier) et Carine Tissot, directrice nommée, elle, fin 2009.

Alors pourquoi avoir cette année quitté le Louvre pour revenir au Temple ? « Nous avions envie d’insérer le dessin dans la ville, indique Christine Phal. Par son prestige, le Carrousel du Louvre nous a permis d’inscrire le salon sur un plan international, de lui donner cette dimension-là, essentielle aujourd’hui, aussi bien pour les galeries que pour le public, les institutions. Nous avons ainsi augmenté notre participation de galeries étrangères qui atteint aujourd’hui 40 %. Mais il fallait faire rayonner le dessin contemporain de façon la plus large possible. » Et de fait, le Carrousel est assez enterré, confiné, bas de plafond.

« Fresh », plateforme pour les jeunes galeries
En prenant le Carreau comme vaisseau amiral, Drawing Now, qui avait besoin de plus de superficie qu’il n’en offre (3 000 m2 sur deux niveaux), a été obligé de faire des petits cette année et a investi un deuxième site, l’Espace Commines, pour une plateforme intitulée « Fresh ». Celle-ci est principalement tournée vers la vidéo et l’espace culturel (débats, rencontres…). Elle est surtout dédiée, comme le laisse sous-entendre son nom, aux jeunes galeries, 15 au total, qui doivent avoir moins de quatre ans d’existence et doivent consacrer au minimum un tiers de leur stand à un artiste âgé de moins de 40 ans. Une nouveauté soutenue par le salon lui-même, sans l’appui de mécènes extérieurs, avec un coût pour chaque exposant réduit à 240 euros le mètre carré (hors taxes), soit 30 % de moins que les stands sur le Carreau (340 euros sous la verrière et 290 euros au niveau inférieur).
C’est à l’étage inférieur qu’est lancée, autre nouveauté, la section « Initial », entièrement réservée aux galeries qui exposent pour la première fois au salon. Elles sont au nombre de 16, ce qui porte à 86 le nombre total d’exposants contre 84 en 2013, mais avec un taux de renouvellement de 50 %, dont 30 % viennent pour la première fois et 20 % ont participé aux éditions antérieures à 2013.

Hommage à Bruly Bouabré
Parmi les nombreux stands de qualité, citons une double présentation, chez André Magnin et à la Galerie du jour-agnès b. (Paris), du tout récemment disparu Frédéric Bruly Bouabré, mais aussi Barthélémy Toguo et Eduardo Chillida chez Lelong (Paris), ou Eduardo Arroyo chez Álvaro Alcázar (Madrid). Claire-Jeanne Jézéquel est conviée par Jean Fournier (Paris), tandis qu’Alan Suicide Vega chez Laurent Godin (Paris). Sans soublier Julien Beneyton, présenté par Olivier Robert (Paris).

Avec la volonté de montrer que l’exposition du dessin contemporain ne se réduit pas à une enfilade de stands, le salon a voulu créer un tissu de collaborations et a également noué cette année des partenariats avec différentes institutions voisines. Le Musée de la chasse et de la Nature est de la partie, ainsi que le Centre culturel suisse, le Mahj (Musée d’art et d’histoire du Judaïsme), et l’Observatoire du BHV Marais (rotonde du 5e étage), qui s’associe pour la première fois et où se tient l’exposition de Didier Rittener, le lauréat du prix Drawing Now 2013.

Parmi les autres réjouissances, signalons la « Drawing Night » qui marque le coup d’envoi du week-end avec, dès le vendredi soir, la projection sur la façade du Carreau du Temple du film Tracés directs/Direct Outlines de Lek et Sowat, accompagnée à l’intérieur d’autres animations. Ou encore l’exposition présentée par Philippe Piguet sur le thème du graffiti.

Mais comme chaque année, le plus agréable des plaisirs reste la découverte, au détour d’une cimaise ou dans le coin d’un stand, d’un merveilleux petit crobard ou grand dessin d’un artiste peu, pas du tout ou très connu, peu importe. Et de ce point de vue Drawing Now n’est jamais en reste pour sortir de ses réserves de formidables surprises.

Drawing Now

Du mercredi 26 mars au dimanche 30 mars, Carreau du Temple, 4, rue Eugène-Spuller, 75003 Paris ; Espace Commines, 17, rue Commines, 75003
Paris, tél. 01 45 38 51 15, www.drawingnowparis.com, mercredi, jeudi et samedi 11h-20h, vendredi 11h-22h, dimanche 11h-19h.

À noter également

Salon du dessin
Du mercredi 26 au lundi 31 mars, Palais Brongniart, place de la Bourse, 75002 Paris, 12h-20h30
jusqu’à 22h le jeudi 27, jusqu’à 20h le lundi 31
www.salondudessin.com

DDessin Du 28 au 30 mars, la tenue de la 2e édition de DDessin à l’Atelier Richelieu, 60, rue de Richelieu, 75002 Paris, www.ddessinparis.com

Légende photo

- Drawing Now au Carreau du Temple
- Drawing Now et la section "Initial" au sous-sol
© photos Ludosane - 25 mars 2014

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°409 du 14 mars 2014, avec le titre suivant : Drawing Now, retour au Temple

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