Dimanche 23 février 2020

Art contemporain

Razzia à Londres sur l’art italien

Par Éléonore Thery · Le Journal des Arts

Le 27 octobre 2015 - 592 mots

Encore des records de ventes en art contemporain, dopées par la demande d’art italien.

LONDRES - Entre une Frieze Art Week au commerce vibrant et la croissance continue du marché de Londres, le contexte était favorable pour les ventes aux enchères d’art contemporain. Le résultat cumulé des vacations du soir de Christie’s et Sotheby’s est en hausse de 13 % par rapport à 2014, poursuivant leur croissance de ces dernières années. Les deux maisons ont peu ou prou atteint le même montant (1), 76,8 millions de livres (106,3 millions d’euros) pour Christie’s, 78,6 millions de livres (108,8 millions d’euros) pour Sotheby’s. Mais alors que la première a dépassé le résultat espéré, la seconde a tout juste atteint son estimation basse. Du côté des ventes du soir d’art contemporain, malgré un succès pour Peter Doig chez Christie’s ou un feu d’enchères pour Louise Bourgeois chez sa rivale, les stars habituelles n’ont pas tellement brillé. Beaucoup sont restées au ras des estimations, comme Damien Hirst chez Christie’s. D’autres sont restées invendues, tels Warhol ou Twombly chez Sotheby’s, dont près de 30 % des lots n’ont pas trouvé preneur. Ces ventes ont cependant enregistré des records pour les artistes montants : Jonas Wood ou Toby Ziegler chez Christie’s, Michaël Borremans chez Christie’s. De son côté, Phillips a réuni 30,7 millions de livres (42,5 millions d’euros), plus du double de l’an passé, avec une « vente en gants blancs ».

Lucio Fontana en tête des ventes
Mais ce sont les ventes d’art italien qui ont suscité le plus d’enthousiasme : le total cumulé de Christie’s et Sotheby’s (en hausse de 20 %) dépasse désormais largement les ventes générales du soir. Cette montée en puissance suit l’engouement des institutions et marchands : « Le phénomène est planétaire. Il faut le lier au fait que les musées lui dédient plusieurs expositions, (Alberto Burri au Guggenheim, Fausto Melotti à Monaco ou Lucio Fontana au Musée d’art moderne), et que de plus en plus de galeries internationales s’y intéressent », rappelle Michele Casamonti. Le directeur de la galerie Tornabuoni explique facilement cet intérêt : « Les artistes italiens de l’après-guerre ont inventé un nouveau langage, source d’inspiration pour beaucoup d’artistes contemporains, notamment ceux du minimalisme et de ses descendants, Donald Judd ou Anish Kapoor. » Sotheby’s a réuni 40,4 millions de livres (55 millions d’euros), dans l’estimation basse, quand Christie’s peut s’enorgueillir du plus haut montant jamais obtenu pour une telle vente, 43,1 millions de livres (58,5 millions d’euros), bien au-delà de ses estimations. « Les deux avaient de très belles œuvres. Mais Christie’s avait des estimations attractives, alors que chez Sotheby’s, elles étaient trop fortes. Ce qui n’enlève rien à son succès », commente Michele Casamonti. La star était sans conteste Fontana : malgré deux invendus chez Sotheby’s, vingt-trois de ses œuvres ont trouvé preneur en deux soirs, avec un record mondial à 15,9 millions de livres (21,6 millions d’euros) pour une Fine di Dio. Parmi les autres succès, Alberto Burri ou Paolo Scheggi, mais aussi de nombreux records : Giorgio Morandi ou Luciano Fabro chez Christie’s, Vincenzo Agnetti chez Sotheby’s.

Note

(1) Tous les prix s’entendent frais compris sauf les estimations indiquées hors frais acheteurs.

SOTHEBY’S
Art contemporain
Estimation : 32,9-46,2 M £
Résultat : 36,4 M £ (49,4 M €)

Art italien
Estimation : 35,2-48,5 M £
Résultat : 40,4 M £ (56,4 M €)


CHRISTIE’S
Art d’après guerre et art contemporain
Estimation : 30,9-42,9 M £
Résultat : 35,5 M £ (48,2 M €)

Art italien
Estimation : 24,6-35,5 M £
Résultat : 43,1 M £ (58,5 M €)

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°444 du 30 octobre 2015, avec le titre suivant : Razzia à Londres sur l’art italien

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