Vendredi 27 novembre 2020

Foire

Nouvelles enseignes, nouveau souffle

Par Frédéric Bonnet · Le Journal des Arts

Le 3 octobre 2012 - 735 mots

Outre le secteur Lafayette qui fait la part belle aux galeries émergentes, le secteur général accueille plusieurs nouvelles pousses.

L’année dernière, l’ou-verture de trois galeries situées au premier étage du Grand Palais avait permis d’y installer les plus jeunes enseignes auparavant regroupées dans la Cour carrée du Louvre. Reconduit cette année, l’aménagement de ces espaces semble devoir être porteur d’une belle énergie.

Si les dix galeries sélectionnées pour le Secteur Lafayette ont l’obligation de n’exposer qu’un ou deux artistes, sept sont de nouveaux entrants à la Fiac, à l’instar de Mary Mary (Glasgow), qui promet une confrontation détonante entre les peintures ébouriffantes d’Alexis-Marguerite Teplin et une nouvelle vidéo de Lili Reynaud-Dewar, Clearing (Brooklyn, Bruxelles) présentant l’artiste belge Harold Ancart, qui s’est notamment fait remarquer avec ses dessins muraux confinant à la trace et réalisés avec du charbon de bois ou ses photos de paysages idylliques légèrement brûlées, ou Neue Alte Brücke (Francfort) avec l’Américain Will Benedict, dont le travail a subtilement relancé la problématique de l’opposition entre peinture et photographie.

De leurs côtés Schleicher Lange (Berlin) proposent un solo show de Timo Nasseri et Gaudel de Stampa (Berlin, Paris) une confrontation entre la peinture très gestuelle et souvent réalisée au spray de Jonathan Binet et la sculptrice norvégienne Lina Viste Grønli dont les œuvres d’aspect moderniste se chargent de multiples histoires relatives à une culture beaucoup plus contemporaine. Chez Motive (Bruxelles), le duo néerlandais formé par Lonnie van Brummelen et Siebren de Haan dialogue avec Pierre Leguillon grâce à des travaux filmiques et graphiques ayant en commun d’être basés sur l’utilisation de livres. La remise du Prix Lafayette s’effectuera le 18 octobre.

Le secteur général
La foire s’enrichit cette année d’un nombre non négligeable de nouvelles enseignes, françaises et étrangères, parmi lesquelles on sera attentif à Monitor (Rome), T293 (Naples, Rome), Imo (Copenhague) ou encore Kisterem (Budapest). Baignant dans l’art émergent, Zak Branicka (Berlin, Cracovie) prend le contre-pied de la tendance en rendant hommage à Stanislaw Drozdz (1939-2009), l’un des plus célèbres auteurs de poésie concrète polonais, dont une installation à la fois visuelle et textuelle, à la croisée de la linguistique, des mathématiques et des arts visuels, est confrontée à une pièce au sol de Carl Andre.

Parmi les impétrants de l’Hexagone, Emmanuel Hervé (Paris) présente notamment une belle œuvre de la Brésilienne Fernanda Gomes, bien trop discrète dans nos contrées, soit une subtile installation de toiles blanches au mur et au sol, où par endroits s’imbriquent des fragments de bois créant ainsi une nouvelle appréhension à la fois de la peinture et de la sculpture. Sous l’intitulé « The loose protocols », Samy Abraham (Paris) entend interroger, entre fantaisie et rigueur, l’émergence de la signification des images à travers des œuvres visuellement antagonistes du duo britannique Bevis Martin & Charlie Yoole et de la Suissesse Émilie Ding.

Chez Marcelle Alix (Paris), le stand est occupé par une installation de l’Anglais Ian Kiaer, en lien avec son projet autour de l’architecte Louis Arretche, l’un des concepteurs du campus de l’Université de Rennes, imaginé pour la Biennale récemment ouverte dans cette même ville. Tandis que l’espace de Cortex Athletico (Bordeaux) est dévolu à la sculpture hybride de Stéphanie Cherpin, qui a fait de la périphérie urbaine un atelier à ciel ouvert où trouver matière au déclenchement d’un processus artistique basé sur la métamorphose du familier et du quotidien.

Avec un morceau de paysage de Piero Gilardi, des trompes d’éléphant de Laurent Le Deunff et un gendarme africain faisant circuler une limousine en bois peint de Présence Panchounette, Semiose (Paris) s’intéresse, grâce à des œuvres à l’échelle 1, au modèle de la sculpture et à l’extraction de son contexte. Des variations autour de la forme et de la couleur envisagées dans un processus dynamique, voire interactif, permettant la perception et l’élaboration de nouveaux espaces, c’est ce que propose Kamm (Berlin) avec les tableaux à la fois construits et fantaisistes de Bernd Ribbeck, les photographies apparemment inanimées de Kathrin Sonntag ou des néons colorés fixés à des mâts à roulettes maniables à volonté de Christoph Meier ; son Untitled (Discotheque) fera-t-elle de la foire une fête ?

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°376 du 5 octobre 2012, avec le titre suivant : Nouvelles enseignes, nouveau souffle

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