Pluriels

Margaron, la durée

Par Henri-François Debailleux · Le Journal des Arts

Le 2 octobre 2013 - 497 mots

La galerie fête son vingtième anniversaire avec une belle exposition collective d’artistes liés par leur fidélité à un héritage artistique.

Paris - « Cela faisait déjà un certain temps que j’avais envie de me consacrer au domaine artistique et à 40 ans, j’ai sauté le pas », se rappelle Alain Margaron. Le 1er avril 1993, il a ouvert sa galerie rue du Perche, dans le Marais à Paris après avoir observé et analysé durant deux-trois ans un marché alors en crise. Une attitude peu surprenante pour celui qui, jusqu’alors économiste, auteur de livres sur les marchés financiers, avait aussi créé et géré les directions de la communication du Crédit du Nord et de la Société Générale.

Sa passion pour l’art remonte à l’adolescence. Non par culture familiale – il n’est pas né dans le giron– , mais en pleine Chartreuse (Savoie). Ce sont justement « la nature, la montagne et leur côté énigmatique qui m’ont donné le goût de la peinture », dit-il. Après l’avoir découverte au travers des livres, c’est en allant dans les musées et au Louvre qu’il peut fréquenter les œuvres qui le passionnent. Peu après, il commence à collectionner, rencontre Zoran Music, achète également des œuvres d’Hélion et s’intéresse à des artistes comme Michel Macréau, Dado, Fred Deux… toute cette génération des années 1960, en dehors des modes, où tous – encore vivants à l’époque, Macréau est mort en 1995 et Dado en 2010 – vont devenir le noyau de la galerie et en faire un lieu singulier. D’abord uniquement composé d’un espace sur rue, elle s’est petit à petit agrandie et compte aussi showroom et réserves en étage.

« Les singuliers », tel est d’ailleurs le titre qu’Alain Margaron a choisi pour intituler l’exposition collective qui marque ce vingtième anniversaire. Celle-ci rassemble une cinquantaine d’œuvres des treize artistes qui composent aujourd’hui l’équipe de la galerie. Les anciens précités, dont on peut voir quelques magnifiques œuvres comme ce tableau insoupçonné de Macréau, Visages, de 1966, époque où l’artiste, déprimé, ne montrait rien ou encore Initiation de 1985-1986, un grand dessin au crayon sur papier (206 x130 cm), inouï, de Fred Deux. À leurs côtés, on découvre également une belle sélection de pièces d’Anselme Boix-Vives, Robert Groborne, Cécile Reims, Bernard Réquichot… ainsi que deux plus jeunes artistes, InSook Hong (née en 1961 à Séoul) et Clara Fierfort (née en 1989 à Paris et rentrée à la galerie en 2008 à l’âge de 19 ans). En somme « les artistes qui me touchent », indique Margaron, ceux qu’il soutient et dont il achète les œuvres avant même de les exposer. À l’ancienne, donc, et belle preuve d’engagement.

À l’exemple des artistes et de la diversité des disciplines (peinture, dessin, sculpture…) ici montrés, le prix des œuvres est lui aussi très varié qui va de 500 euros pour une gravure de Cécile Reims à 85 000 euros pour le tableau Visages de Macréau.

Les Singuliers

Nombre d’œuvres : 48
Prix : entre 500 et 85 000 €

Les Singuliers

Jusqu’au 16 novembre, Galerie Alain Margaron, 5 rue du Perche, 75003 Paris, tél.01 42 74 20 52, www.galeriealainmargaron.com, mardi-samedi 11h-13h et 14h30-19h30.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°398 du 4 octobre 2013, avec le titre suivant : Margaron, la durée

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