Mardi 11 décembre 2018

Justice

Litige judiciaire entre le catalogue raisonné d’Agnes Martin et une grande galerie anglaise

Par Nathalie Eggs · lejournaldesarts.fr

Le 26 octobre 2016 - 318 mots

NEW YORK (ETATS-UNIS) [26.10.16] – La Mayor Gallery de Londres poursuit à New York la société chargée du catalogue raisonné d’Agnes Martin. Celle-ci refuse de certifier 13 œuvres vendues à des clients via la galerie.

La Mayor Gallery de Londres a intenté, le 17 octobre 2016, un procès contre la société « Agnes Martin Catalogue Raisonné LLC » et les membres de son comité d’authentification, rapporte Laura Gilbert pour The Art Newspaper. Parmi les membres de ce comité, figure Arne Glimcher, propriétaire fondateur de la Pace Gallery, qui représente la succession d’Agnes Martin, décédée le 16 décembre 2004.

Le comité d’authentification aurait refusé d’inscrire au catalogue raisonné de l’artiste treize œuvres signées Agnes Martin vendues par la galerie. Or, selon la Mayor Gallery, le refus d’inscrire une œuvre au catalogue raisonné signifie, au sein du marché international de l’art, que l’œuvre est considérée comme fausse, lui ôtant toute valeur. La Mayor Gallery demande ainsi 7,2 millions de dollars de dommages et intérêts à la société, somme correspondant à la valeur des œuvres dont elle a promis le remboursement aux acheteurs (ou qu’elle a déjà remboursés).

Selon la plainte déposée, quatre collectionneurs se retrouvent lésés par le refus d’inscription des œuvres au catalogue raisonné : Jack Levy, un ancien de Goldman Sachs, le couple Patricia et Frank Kolodny, Sybil Shainwald et Pierre de Labouchère, ancien président de Japanese Tabacco International. D’après The Art Newspaper, James Mayor, le propriétaire de la galerie, a demandé par écrit au comité les raisons du refus de certification, mais sa requête a été soit ignorée, soit rejetée, au motif que les contrats signés entre la galerie et les acheteurs prévoyaient une clause de renoncement à des poursuites.

L’avocat de la LLC Agnes Martin Catalogue Raisonné est Aaron Richard Golub, qui a aussi monté la fondation Agnes Martin. James Mayor invoque un conflit d’intérêt et des « interférences délictueuses dans de potentielles relations d’affaires ».

Légende photo

Agnes Martin (1912-2004) en 1953 dans son atelier de Ledoux Street à Taos, Nouveau-Mexique, Etats-Unis - Photo Mildred Tolbert, courtesy The Harwood Museum of Art © Mildred Tolbert Family

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