Foire

SALON DE DESSIN ANCIEN ET MODERNE

L’inégalable Salon du dessin

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 13 mars 2019 - 842 mots

PARIS

En choisissant une spécialité de niche il y a vingt-huit ans et en misant sur une sélection irréprochable et variée, le Salon du dessin a réussi à se forger une réputation internationale.

Paris. Le très spécialisé Salon du dessin investit le palais Brongniart, du 27 mars au 1er avril, dans une ambiance feutrée et intimiste. En presque trois décennies, la manifestation est devenue incontournable pour les amoureux des belles feuilles et les conservateurs des plus grands musées du monde, qui viennent y admirer quelque 3 000 dessins, toutes époques et médiums confondus.

Pour célébrer les œuvres sur papier, ont été conviés une quarantaine d’exposants d’envergure internationale – 39 pour être exact car deux d’entre eux se partagent un stand. Ce chiffre ne varie pas d’une année sur l’autre puisque l’espace n’est pas extensible. De même, le quota entre galeries étrangères et galeries françaises reste inchangé pour cette édition, soit 19 marchands français et 20 étrangers. « En termes de spécialités, la répartition est de 23 pour les anciens et 16 pour les modernes, sachant que certains marchands estampillés “art ancien” présentent également des dessins modernes », précise Louis de Bayser, le président du salon. La gamme de prix reste très large avec toutefois une moyenne qui se situe aux alentours de 20 000 euros pour une feuille.

Quatre nouveaux exposants

Présents dès les débuts de la manifestation, certains marchands ne manqueraient ce rendez-vous pour rien au monde, telles les galeries parisiennes Aaron, Talabardon & Gautier, Éric Coatalem ou encore Terrades. Six en revanche ne reviendront pas, comme la Galerie des Modernes (Paris), le Claire Kunst (Hambourg), mais aussi Lowell Libson & Jonny Yarker (Londres) et Omer Tiroche (Londres). Trois font leur retour après une ou plusieurs années d’absence, soit Arnoldi-Livie (Munich), Jacques Elbaz (Paris) et Wienerroither & Kohlbacher (Vienne), quand quatre nouveaux les rejoignent : Christopher Bishop (New York), José de la Mano (Madrid) et les galeries Grand-Rue (Genève) et Lancz (Bruxelles). « Le nombre de galeries désirant participer à ce salon excède de loin le nombre de places disponibles, indique Patrick Lancz, son directeur. En outre, si cet événement a la réputation d’être extrêmement qualitatif, c’est aussi parce que le comité d’admission trie sur le volet tous les candidats. Faire partie des quelques galeries choisies pour leur excellence est un honneur et un privilège. »

Parmi les stands à ne pas manquer, figure celui de Jean-Luc Baroni (Londres) et Emmanuel Marty de Cambiaire (Paris). Nouvellement associés, les deux marchands ont décidé de partager un espace pour sceller cette collaboration. Une estime réciproque mise à part, « l’idée de cette association est le “passage” d’une génération à une autre », explique Emmanuel Marty de Cambiaire. Pour l’occasion, ils exposent des œuvres sur papier du XVe au XXe siècle, dont plusieurs inédits comme une Tête de vieil homme barbu, XVIIe, de Simon Vouet ; une Étude de tête de profil pour saint Gervais, une œuvre préparatoire au tableau Saint Gervais et Saint Protais conservé au Musée du Louvre ; ou encore une aquarelle d’Édouard Manet, Homme en chapeau haut de forme (185 000 €).

Toujours du côté des dessins anciens et du XIXe, le visiteur pourra admirer chez Christopher Bishop une sanguine du Guerchin (1591-1666), Loth et ses filles, ou une feuille d’Antoine Watteau, Études d’une femme repoussant les avances d’un homme et d’une femme penchée en arrière, 1717, exécutée à l’aide de la technique des trois crayons à laquelle l’artiste a ajouté du graphite.

Nathalie Motte-Masselink (Paris) expose un paysage aquarellé de Delacroix (autour de 20 000 €) ; la Galerie de Bayser montre une feuille biface de Théodore Géricault avec, au recto, la représentation d’un Oriental, et au verso, une étude pour le Radeau de la Méduse (150 000 €). La galerie Talabardon & Gautier apporte, elle, un dessin de Jean-Marc Nattier préparatoire à l’un des chefs-d’œuvre de jeunesse de l’artiste réalisé en 1733, Portrait de Mademoiselle de Clermont en sultane, conservé à la Wallace Collection à Londres.

Du côté des œuvres modernes, Wienerroither & Kohlbacher propose pour l’occasion un focus sur Gustav Klimt, Egon Schiele et Alfred Kubin. La galerie viennoise présente ainsi une des œuvres phares de l’édition, Femme debout se couvrant le visage avec ses deux mains (1911, [voir ill.], une gouache d’Egon Schiele affichée à 1,9 million d’euros. Pour sa première participation, Patrick Lancz veut promouvoir l’art moderne belge à travers des dessins de Fernand Khnopff [jusqu’au 17 mars au Petit Palais], Félicien Rops – dont une feuille issue de la série des « Sataniques » –, James Ensor ou encore Léon Spilliaert. De ce dernier, il montre une encre de Chine, La Verrière, affichée à 1 million d’euros.

Les visiteurs peuvent aussi aller contempler sur le stand de la Galerie AB (Paris), Fleurs, 1945, une aquarelle de Matisse (65 000 €) et, pour le même prix, La Ville (étude), 1955, une encre de Chine de Fernand Léger chez Zlotowski (Paris), quand la galerie new-yorkaise W.M. Brady & Co. dévoile Le Sagittaire, (1920, [voir ill.], de Bourdelle, et que le parisien Antoine Laurentin met en exergue une huile sur papier, Composition, vers 1952, d’Alfred Manessier.

Salon du dessin,
du 27 mars au 1er avril, palais Brongniart, place de la Bourse, 75002 Paris, www.salondudessin.com

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°519 du 15 mars 2019, avec le titre suivant : L’inégalable Salon du dessin

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