Samedi 15 décembre 2018

Piasa

Les succès de l’école de Nice

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 19 décembre 2003 - 547 mots

Le 4 décembre, les amateurs des Nouveaux Réalistes étaient au rendez-vous pour la succession Ronchèse.

PARIS - Avec cent pour cent de lots vendus et 3 millions d’euros de recette, la dispersion par Piasa de la succession Annie Ronchèse, qui réunissait environ 80 pièces d’artistes de l’école de Nice, s’est révélée un succès. « Beaucoup de pièces se sont vendues au-dessus de leurs estimations », se félicite l’un des experts de la vente, Thierry Picard. Tous les lots de la succession étaient à vendre sans prix de réserve. Cependant, « ce n’était pas une vente à la casse et les prix étaient raisonnablement attractifs », souligne l’expert. L’enchère la plus élevée revient à une Peinture de feu d’Yves Klein, emportée par un acheteur américain à 330 664 euros, un record pour un tableau de cette série. Une autre œuvre d’Yves Klein, S.E. 206, Rose 1959, des pigments roses sur éponge, s’est envolée à 216 465 euros au profit d’un acheteur français. Les pièces d’Arman, César et Martial Raysse ont été soutenues par un public surtout franco-européen. Les meilleurs résultats ont porté sur un fer de César, Insecte ailé (1958), estimé 25 000 euros, qui est monté jusqu’à 162 724 euros, et La Fin du romantisme, une accumulation de guitares brisées dans un grand coffrage en bois peint en noir signé Arman, qui a atteint 94 352 euros, le double de son estimation. Moteur n° 3, l’autre fer de la vente, s’est bien vendu, à 49 534 euros. Les fers de César ont davantage la faveur du marché que les bronzes, plus difficiles à céder, comme l’a confirmé cette vente. « Le marché reste sélectif », explique Thierry Picard. Ainsi Nadine, un bronze doré de 1964 ; Nu de la belle de mai et L’Homme de Draguignan, deux épreuves en bronze patiné de 1957, ont été acquises à peine au ras de leurs estimations basses. Les autres bronzes, compressions et expansions de l’artiste, vendus la plupart du temps dans leur fourchette d’estimations, n’ont pas vraiment décollé. L’examen de passage des œuvres d’Arman a été assez réussi : Miles Davis fossili, une œuvre de 175 x 116 cm de 1975 composée de trompettes découpées dans du béton, dont le poids écrasant aurait pu décourager les acquéreurs, s’est tout de même vendue 58 970 euros. Les acheteurs sont montés jusqu’à 30 664 euros pour What Happened to the Flowers (1970), une inclusion de fragments de lithographies d’Andy Warhol dans du Plexiglas ; 38 920 euros pour Clic-Clac raté (1963), un appareil photo à soufflet éclaté sur panneau de bois signé Arman, et 64 870 euros pour une colère de guitare éclatée de 1962 intitulée La Mort d’Arlequin. En revanche, l’historique Portrait d’Arman à l’époque des allures d’objets (1963) par Martial Raysse n’a pas eu le succès escompté : attendu autour de 100 000 euros, il est parti pour 63 690 euros. Enfin, le Centre Pompidou est intervenu sur deux lots historiques : l’exemplaire d’Arman du Manifeste du Nouveau Réalisme, un texte de Pierre Restany signé par Arman, Dufrêne, Hains, Klein, Raysse, Spoerri, Tinguely et Villeglé sur fond bleu de Klein, préempté à 82 558 euros, et Hygiène de la vision (1960), un assemblage d’objets dans un instrument de vision en bois par Arman et Martial Raysse vendu 8 845 euros.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°183 du 19 décembre 2003, avec le titre suivant : Les succès de l’école de Nice

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