Foire

Le féminisme triomphe à l’Armory

Par Jean-Christophe Castelain · Le Journal des Arts

Le 12 mars 2020 - 485 mots

La foire multiplie les initiatives visant à promouvoir les artistes femmes. Elle organise notamment un parcours et un prix en collaboration avec l’association française Aware.

New York. L’arrivée de Nicole Berry aux commandes de la foire Armory Show en 2016, comme directrice adjointe d’abord puis comme directrice générale en 2017, succédant ici à Benjamin Genocchio, accusé de harcèlement sexuel, fait décidément souffler sur la manifestation un fort vent de féminisme. L’équipe de direction compte ainsi six femmes pour deux hommes : « J’ai composé mon équipe non pas en fonction de leur genre mais tout simplement parce que ce sont les meilleurs », revendique-t-elle avec un grand sourire. Elle a aussi confié à une femme, Jamillah James, la direction artistique de la section « Focus » qui réunit 31 galeries donnant à voir une exposition bénéficiant d’un commissariat. La conservatrice à l’Institute of Contemporary Art de Los Angeles a incité certaines galeries à consacrer l’intégralité de leur stand à des artistes issues de différentes générations : Lezley Saar (67 ans) chez Walter Maciel (Barcelone), Tamara Gonzales (61 ans) chez The Pit (Glendale, Californie), Cynthia Daignault (42 ans) chez Night Gallery (Los Angeles), Anne Samat (47 ans) chez Marc Straus (New York) ou encore Amy Schissel (42 ans) chez Patrick Mikhail (Montréal). Les pratiques sont inégales mais ce tropisme féminin a le mérite d’en montrer la diversité.

La nouveauté de l’édition 2020 (*) est l’organisation d’un parcours d’artistes femmes parmi les exposants ainsi que la création d’un prix, tous deux confiés à Aware. Un joli coup pour l’association française qui consolide ainsi son positionnement international. Pour Camille Morineau, sa fondatrice et directrice générale, ce partenariat noué avec une foire fait sens : « Alors que les années 1970 marquent le début de la reconnaissance académique des artistes femmes, et que les années 2000 voient les musées prendre ce sujet à bras-le-corps, on constate que le marché s’intéresse enfin à ce pan trop longtemps oublié de la création. » Une observation confirmée par les derniers chiffres du rapport Art Basel. Selon son auteure, Clare McAndrew, 44 % des artistes représentés dans les galeries du premier marché sont des femmes, soit une hausse de 8 % par rapport à 2018. Plus significatif, leur chiffre d’affaires constitue 40 % du CA total de ces galeries. Ce n’est pas encore la parité mais on s’en rapproche à grands pas (+ 8 points en un an).

Le prix Aware Armory 2020 (*) a récompensé, parmi cinq solo shows de la section principale, June Edmonds, présentée par la galerie californienne Luis De Jesus. L’artiste afro-américaine âgée de 61 ans a été distinguée pour sa série « Flag Painting » inaugurée en 2017. Chaque tableau joue de la symbolique réinterprétée des couleurs et de leur alignement pour raconter un fait tiré de l’histoire ou de la société américaine.

ERRATUM - jeudi 12 mars 2020

(*) Contrairement à ce que nous avons écrit dans le JdA n°541, il s'agit de 2020 et non de 2019.

Thématiques

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°541 du 13 mars 2020, avec le titre suivant : Le féminisme triomphe à l’Armory

Tous les articles dans Marché

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque