Foire

Le design du XXIe siècle

Par Alexia Lanta Maestrati · L'ŒIL

Le 26 février 2020 - 681 mots

Jeune manifestation bruxelloise, Collectible propose une sélection de pièces uniques ou en tirages limités datées des années 2000.

Collectionner -  Dans l’Espace Vanderborght, doté d’une architecture des années 1930, cette troisième édition de Collectible, qui se tient du 5 au 8 mars, rassemble sur cinq niveaux une centaine de marchands. Fondée en 2018, la manifestation est la seule foire à proposer uniquement des pièces uniques ou en tirages limités datées des années 2000, contrairement aux autres rendez-vous comme le Pavillon des arts et du design (PAD), où toutes les périodes sont confondues, ou Operæ, à Turin en Italie, centré sur le design industriel.

Présentant des jeunes créateurs, la foire se veut dans l’ère du temps. D’ailleurs, nombre de designers présents oscillent entre nouvelles technologies et créations répondant à l’urgence écologique. « Avec la crise climatique actuelle et la façon dont le monde se développe, nous remarquons que presque tous les jeunes designers travaillent avec des matériaux durables et recyclés. Plus qu’une tendance, c’est devenu la norme et nous sommes fières de dire qu’il en va de même avec notre scénographie, toujours recyclable et produisant le moins de déchets possible », souligne Clélie Debehault et Liv Vaisberg, les directrices de la foire

Pour ces objets sculpturaux, les prix affichés oscillent entre 2 000 et 30 000 euros, car le design contemporain connaît un nouvel engouement mais reste « un marché très jeune ». « Il y a un désir qui s’accroît chez les designers de sortir du design industriel pour faire quelque chose d’unique, fait à la main. En Belgique, le marché se développe vraiment depuis cinq ans », souligne Amaryllis Jacobs, directrice de Maniera (Bruxelles). La frontière, poreuse, entre art et artisanat s’estompe et les créateurs designers bénéficient d’un statut de plus en plus reconnu. « Un nombre important de créateurs se sentaient coincés entre artiste et artisan, ils ne le sont plus. À Paris, cela a commencé avec la Carpenters Workshop Gallery, il y a treize ou quatorze ans », relate Laurence Bonnel, directrice de la Galerie Scène Ouverte (Paris).

9 200 € (édition de 12, numérotés et signés)

1_Theoreme edition Si la résine est un matériau fréquemment utilisé, ces bancs de Balzano sont une véritable prouesse technique. « En général, les pièces sont faites de cubes assemblés, ici elles sont faites d’un seul bloc. Le défi était important car la résine se rétracte de 2 à 5 %, il fallait donc anticiper cela », expliquent David Giroire et Jérôme Bazzocchi, les fondateurs de Theoreme Editions qui ont proposé au designer ce projet. Le résultat autorise les jeux de lumière et, suivant l’éclairage, notre perception de l’objet change.


De 8 000 à 12 000 €

2_Galerie Philia Dans son atelier, Jérôme Pereira crée seul. Ses luminaires en bois révèlent un véritable travail de sculpteur, chacune de ses créations étant unique, comme cette suspension Planck. Résultat de deux à trois mois de travail, ses pièces sont également hautement théorisées. Il appréhende son œuvre sous le prisme de la science, et sa recherche d’équilibre, d’harmonie et d’esthétisme se réfère aux plus grands scientifiques tels que Max Planck ou Galilée.


6 700 €

3_Pauline Esparon Nouveauté de cette édition, la section Bespoke propose des créations récentes effectuées dans le cadre de commandes. On y découvre notamment les sculptures en lin très esthétiques de Pauline Esparon, comme cet Écoucheur (assise laineuse) en lin. Le choix du matériau n’est pas neutre puisqu’il vise à dénoncer son exploitation : « Le lin est récolté en Europe, pourtant 80 % de la récolte sont par la suite exportés en Chine pour être peignés, tissés ou tressés avant d’être réimportés. Cette situation est en contradiction avec un développement durable du lin et de sa culture locale », explique la créatrice.


49 000 €

4_Galerie Scène Ouverte Âgée de 35 ans, Nadège Mouyssinat a d’abord travaillé pour des grands groupes industriels de la porcelaine, comme Bernardaud, où elle a appris à maîtriser le médium. Depuis 2015, installée à son compte, elle produit des objets d’art raffinés, uniques et relevant d’une grande technicité. Jouant d’un équilibre subtil et d’une recherche formelle, qui lui procure ce côté onirique, cette console est une sculpture à part entière.

Thématiques

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°732 du 1 mars 2020, avec le titre suivant : Le design du XXIe siècle

Tous les articles dans Marché

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque