Foire

FOIRE D’ART ET D’ANTIQUITÉS

La Brafa étoffe son secteur international

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 26 janvier 2018 - 1076 mots

BRUXELLES / BELGIQUE

Capitalisant sur sa notoriété grandissante, la foire bruxelloise, où marchands belges et français dominent, veut accueillir davantage d’exposants étrangers.

Les allées de la Brafa, lors de l'édition 2017, avec au premier plan une oeuvre de Julio Le Parc, artiste invité d'honneur de l'édition 2017
Les allées de la Brafa, lors de l'édition 2017, avec au premier plan une oeuvre de Julio Le Parc, artiste invité d'honneur de l'édition 2017
Photo Emmanuel Crooy

Bruxelles.  La Brafa (Brussels Art Fair) ouvre ses portes le 27 janvier pour neuf jours d’exposition, dans l’enceinte de l’ancienne gare de triage de Tour & Taxis. La foire d’art et d’antiquités, qui ne comptait qu’une poignée de galeries belges à sa création en 1956, n’a cessé de monter en puissance. L’an passé, elle a réuni 61 000 visiteurs, doublant ainsi sa fréquentation en dix ans. Pour sa 63e édition, elle a pour principale ambition d’améliorer sa qualité. Comme l’annonce son président, Harold t’Kint de Roodenbeke, « la Brafa poursuit sur sa lancée. Mais cette nouvelle édition sera encore mieux que la précédente car le niveau qualitatif proposé n’a jamais été aussi élevé ».

Elle accueille cette année 134 exposants originaires d’une quinzaine de pays. Même si les galeries belges dominent – on en recense 51 –, elles sont moins nombreuses que l’an passé (58). Les Français maintiennent leur présence avec 46 exposants. Le nombre de galeries étrangères (anglaises, suisses, espagnoles, italiennes, allemandes…) a également été revu à la hausse : 37 contre 29 en 2017. À noter qu’aucune galerie américaine ne participe à l’événement mis à part deux marchands, l’un suisse et l’autre belge (Phoenix Ancient Art et Gladstone), qui ont des antennes à New York.

Un salon « dynamique »

Le nombre total d’exposants – en comptant deux de plus que l’an passé – reste stable depuis que des travaux d’agrandissement ont été réalisés afin d’installer l’un des deux restaurants à l’extérieur de l’enceinte. « L’espace n’est pas vraiment extensible alors que la liste d’attente est longue [une centaine de marchands, NDLR]. Si nous réduisions les stands, nous pourrions accueillir 20 à 30 exposants en plus, mais chaque année tous les participants demandent davantage de surface », confie le président. Les organisateurs envisagent à plus ou moins long terme de déplacer le second restaurant à l’extérieur.

Une dizaine de marchands n’ont cependant pas renouvelé leur participation comme les galeries françaises Charbonnier, Ghezelbash, Perrin ou encore Chenel et Dulon, récemment admises à la foire Tefaf à Maastricht. D’autres ne reviennent pas à la suite d’une cessation d’activité, à l’exemple du Couvent des Ursulines (Liège). Ces départs ont facilité l’objectif de renouvellement de 10 % ; 14 nouvelles enseignes ont été retenues, dont 13 étrangères. Le choix de ces nouveaux exposants s’est notamment porté sur des spécialités jusque-là sous-représentées, comme l’art italien contemporain et l’Arte povera avec la galerie londonienne Repetto, ou bien la Haute Époque avec la galerie barcelonaise Bernat. Cinq enseignes françaises font aussi leur entrée parmi lesquelles Maeght, Galerie de la Présidence ou Renaud Montméat. « Ayant participé l’année dernière pour la première fois à un salon généraliste (Tefaf Showcase), l’expérience m’a plu. Brafa est un des plus jolis et séduisants salons aujourd’hui en Europe, sans équivalent en France, avec une belle clientèle du Benelux et parisienne. Tout le monde y participe ou y passe », explique ce dernier, spécialisé en art asiatique. Aline Chastel (Chastel Maréchal, Paris) est également de la partie. « Un ami qui y participe déjà, Xavier Eeckhout, m’a vanté les mérites du salon, que je trouve dynamique, même s’il est peut-être un peu classique. En tout cas, il a su se renouveler. De plus, il n’y a plus beaucoup de galeries qui montrent ce que j’expose, c’est-à-dire des pièces de ce goût français des années 1920 aux années 1960 », souligne la galeriste. Pour l’occasion, elle présente un axe de travail un peu nouveau. Ayant soutenu et collaboré à l’édition d’un livre sur le mobilier brésilien des années 1950, elle a apporté quelques pièces qui sont reproduites dans l’ouvrage, tout en restant dans ses classiques avec des sièges et luminaires d’Eugène Printz de 1928.

La peinture moderne en force

À ces galeries s’ajoutent des marchands qui reviennent après une ou plusieurs années d’absence. C’est le cas des galeries Dario Ghio (Monaco), Thomas Salis (Salzburg, Autriche) ou bien encore du Parisien Christian Deydier qui avait déserté les lieux depuis une vingtaine d’années, lorsque la foire avait pris ses quartiers au Palais des beaux-arts de Bruxelles. Son retour est une bonne nouvelle pour l’art asiatique, assez peu représenté au sein du salon.

Réputée pour son éclectisme, la foire couvre toutes les spécialités, depuis l’Antiquité jusqu’à l’art du XXIe siècle, en passant par les bijoux, les arts décoratifs anciens, le design, la sculpture, l’orfèvrerie, les céramiques ou encore les arts extra-européens. Elle accueille également depuis deux ans un secteur « art contemporain », qui reste assez limité, selon les désirs des organisateurs, occupant 10 % des espaces. À côté d’une incursion dans la bande dessinée, la manifestation fait la part belle à deux secteurs en particulier : les arts premiers et l’archéologie. Chacun recense respectivement 10 et 8 marchands, ce qui en fait de mini-foires de spécialité au sein de la manifestation bruxelloise. En art tribal, fidèles au poste, citons Pierre Dartevelle (Bruxelles), Didier Claes (Ixelles), Bernard De Grunne (Bruxelles) ou encore Yann Ferrandin (Paris), galeries rejointes cette année par les Français Philippe Ratton et son fils Lucas qui partagent un stand pour l’occasion, mais aussi l’Espagnol Guilhem Montagut.

Du côté des antiquités, les galeries Harmakhis (Bruxelles), Günter Puhze (Freiburg), Cybele (Paris), J. Bagot (Barcelone) ou bien Gilgamesh (Paris) voient leurs rangs grossir avec la première participation de la galerie londonienne ArtAncient.

Peu représentée, la peinture ancienne se fait de plus en plus rare sur les cimaises de la Brafa. D’ailleurs, parmi les nouveaux venus de l’édition 2018, aucun n’est spécialisé dans cette catégorie. Seule une poignée de stands en présente, de façon exclusive, comme les galeries parisiennes Florence de Voldère et Alexis Bordes ou Klaas Muller (Bruxelles). Le problème est similaire pour le mobilier ancien, avec les françaises Steinitz et Berger, Chiale Fine Art (Italie) et les belges La Mésangère et Theunissen & de Ghellinck. En revanche, la peinture moderne constitue assurément la plus grande section de la manifestation. En tout, une quarantaine de galeries, tant belges qu’étrangères, en montrent sur leurs stands.

Comme il est de coutume à la Brafa, un artiste est choisi en tant qu’invité d’honneur ; après Julio Le Parc en 2017, c’est Christo qui en est l’hôte. Il expose ainsi une œuvre, non pas emballée mais de jeunesse, Three Store Fronts (1965), appartenant à sa série des « Show cases ». Mesurant plus de 14 m de long et 2,50 m de haut, « c’est la plus grande œuvre jamais accueillie et présentée à la Brafa ! », se réjouit Harold t’Kint de Roodenbeke.

informations
Brafa, Brussels Art Fair,
du 27 janvier au 4 février, Tour & Taxis, Avenue du Port 88, Bruxelles, www.brafa.art

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°493 du 19 janvier 2018, avec le titre suivant : La Brafa étoffe son secteuR international

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