Foire

SALON D’ART CONTEMPORAIN

Independent, un salon d’Auteurs

Par Alexia Lanta Maestrati · Le Journal des Arts

Le 12 mars 2020 - 499 mots

La foire « off » revendique une ligne plus exigeante pour un public de spécialistes, qui ne favorise pas toujours les transactions. Confirmation est apportée dans cette édition.

New York. Il y avait foule devant le Spring Studios de Tribeca, ce quartier tendance new-yorkais, à l’occasion de la 11e édition d’Independent qui ouvrait ses portes aux VIP le jeudi 5 mars, le lendemain de l’Armory Show, et se prolongeait jusqu’au 8 mars. Et on est bien aux États-Unis – « ici, les visiteurs demandent en premier le nom de l’artiste et le prix », confiait Guillaume Lointier, directeur de la Galerie Christophe Gaillard (Paris). Pour autant, les exposants font le choix d’Independent pour séduire une audience pointue de commissaires d’exposition et critiques d’art.

Contrairement à l’Armory Show, Independent est à taille humaine (68 galeries), et les participants sont cooptés. « Nous souhaitons conserver ce nombre de galeries, affirme Elizabeth Dee, ancienne galeriste new-yorkaise et fondatrice de la manifestation. Nous privilégions la qualité à la quantité, aussi bien au niveau des exposants que de notre visitorat, constitué de collectionneurs qui ont une connaissance approfondie de l’art et de professionnels. Nous ne vendons pas des milliers de tickets et n’affichons pas de la publicité partout. Ici nous ne faisons pas du divertissement. » Et le discours se confirme le long des allées. Les propositions sont soignées, et plus d’un tiers des galeries optent pour des expositions personnelles ou des dialogues entre deux artistes. Lors de cette édition on pouvait découvrir les œuvres de plasticiens âgés de 24 à 87 ans, encore peu identifiés du marché, comme les sculptures autobiographiques de Shahryar Nashat (David Kordansky Gallery, Los Angeles), ou redécouvrir les dessins de corps stylisés de Dorothy Iannone (Air de Paris, Paris).

Des « galeries d’auteurs »

L’identité de la foire est son atout, comme l’indique Joseph Tang, directeur de la galerie du même nom à Paris, qui se reconnaît dans « cette famille de galeries d’auteurs », parmi lesquelles figurent la Galerie Eva Presenhuber, (Zürich, New York), Anton Kern (New York) ou Canada (New York). Si le prix au mètre carré des stands d’Independent est le même qu’à l’Armory Show, celui des œuvres est plus bas (autour de 10 000 euros, hormis quelques pièces atteignant 80 000 euros) et que le commerce y est moins actif. Pour les 22 galeries venant de pays étrangers dont six de France, la rentabilité n’est pas assurée. Christophe Gaillard, qui signait là sa cinquième participation, explique : « Nous ne rentrons généralement pas dans nos frais. Il est moins question de commerce qu’à l’Armory Show. Nous venons à la rencontre des commissaires d’exposition, des critiques d’art et des responsables d’institutions américaines. » L’objectif est le même pour Semiose (Paris), nouvelle venue, qui présentait les grands paysages aux couleurs sirupeuses de la Française Amélie Bertrand. « Nous souhaiterions lui trouver une galerie pour la représenter aux États-Unis. Nous avions hésité avec l’Armory Show, mais la foire est trop grande pour nous qui n’avons pas encore de réseaux ici, et la qualité y est moindre », relève son directeur, Jérôme Menasché.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°541 du 13 mars 2020, avec le titre suivant : Independent, un salon d’Auteurs

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