ENTRETIEN

Florence Bourgeois et Christoph Wiesner : « Il y avait une envie d’être identifiés à deux »

Directrice et directeur artistique de Paris Photo

Par Christine Coste · Le Journal des Arts

Le 31 octobre 2018 - 652 mots

Après quelques éditions aux commandes de Paris Photo, les deux directeurs racontent l’évolution de leur collaboration dans l’univers de la photo.

Florence Bourgeois et Christoph Wiesner
Florence Bourgeois et Christoph Wiesner
© Photo Florent Drillon

À l’inverse des directeurs de Paris Photo qui les ont précédés, Florence Bourgeois, nommée directrice en décembre 2014, et Christoph Wiesner, nommé deux mois plus tard à la direction artistique de la foire, ne sont pas issus du milieu de la photographie. Depuis 2012, Florence Bourgeois dirigeait le Pavillon des arts et du design (PAD) de Paris et de Londres, tandis que Christoph Wiesner, après quinze années passées à Berlin chez la galeriste Esther Schipper (1997-2012), avait rejoint la galerie parisienne Yvon Lambert. Retour sur leurs premiers pas.

Comment appréhendez-vous en 2015 le milieu de la photographie ?
Florence Bourgeois.

Par l’écoute et les échanges entretenus avec les galeries, les partenaires et les institutions. Nous nous sommes beaucoup appuyés sur les membres du comité de sélection de Paris Photo et de Paris Photo Los Angeles. Nous avons été aussi très rapidement en lien avec le Jeu de paume, le Centre Pompidou, la MEP (Maison européenne de la photographie), la Fondation Henri Cartier-Bresson et les Rencontres d’Arles. Par le biais de notre partenaire BMW nous avons rencontré François Cheval, à l’époque directeur du Musée Nicéphore-Niépce. On s’est imprégné de leurs avis, mais aussi de leurs critiques pour faire évoluer la foire. À Los Angeles, nous avions réussi très vite également à tisser différents liens. C’était une foire en devenir. Nous avions à peine trois mois pour la commercialiser. Il s’avère qu’elle s’est terminée comme on le sait [NDLR, son organisateur Reed Expositions France décide d’y mettre un terme, un an plus tard, en février 2016].

Christoph Wiesner.

Nous nous sommes effectivement intéressés de très près à ce que nos exposants et partenaires faisaient. Cette approche studieuse, nos échanges, ont fait que nous sommes entrés très vite dans le vif du sujet et nos comités de sélection ont joué un vrai rôle de parrain.

F. B.

Et puis, avec Christoph, nos expériences professionnelles sont assez complémentaires. Par ailleurs, nous nous retrouvons beaucoup sur nos goûts, nos choix. Dès le début, nous nous sommes entendus et avons eu à cœur de progresser ensemble, de nous soutenir l’un l’autre. Nous avons pris le parti de faire tout ensemble, la prospection comme la communication. Il y avait une envie d’être identifiés à deux, ce qui a apporté une forme de nouveauté. Nous échangeons en permanence. C’était une force pour nous de pouvoir restituer et exploiter a posteriori ce que l’on a appris.

C.W.

C’est beaucoup plus enrichissant. C’est intéressant deux personnes aux parcours différents qui travaillent ensemble.

Qu’est-ce qui vous a justement étonné par rapport à vos précédentes activités ?
Frédéric Bonnet

L’exclusivité accordée à la photographie de la part de certains collectionneurs et de certaines institutions. L’éventail aussi des publics et l’audience extrêmement large.

C.W.

La richesse du champ. J’ai beaucoup appris durant ces quatre années. Ce qui s’offre encore à moi est colossal. Ce que je trouve également intéressant, c’est la prise de conscience du patrimoine photo en France et la manière où, ailleurs, cette question commence à être appréhendée.

Constatez-vous des évolutions de la photo ?
C.W.

La manière de présenter la photographie évolue. Beaucoup de musées ont des départements photo, certains musées optent pour des galeries photo distinctes du reste des collections, d’autres au contraire envisagent de refondre – ou comme le MoMA refondent – leur collection photo avec le reste des collections. Maintenant que la photographie n’a plus besoin de démontrer qu’elle est un art, certains professionnels se posent la question des bienfaits de la réintégrer et la lier, non pas dans une chronologie linéaire des origines à nos jours, mais à une lecture transversale compte de tenu de l’utilisation du médium dans différentes pratiques.

Frédéric Bonnet

Le monde de la photo effectivement change. L’intérêt pour le médium est grandissant et son usage par des artistes de plus en plus importants.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°510 du 2 novembre 2018, avec le titre suivant : Florence Bourgeois et Christoph Wiesner directrice et directeur artistique de Paris Photo : « Il y avait une envie d’être identifiés à deux »

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