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Biennale Paris 2017 : cure d’amaigrissement en vue

Par Marie Potard · lejournaldesarts.fr

Le 12 mai 2017 - 780 mots

PARIS [12.05.17] – La Biennale Paris dévoile sa première liste d’exposants : ils sont 95 à avoir confirmé leur présence. Si la liste n’évolue pas, la participation enregistrerait une baisse de plus de 20 % par rapport à la Biennale 2016, marquée par l’absence de plusieurs poids lourds.

Dîner de gala de la nouvelle Biennale en 2016
Dîner de gala de la nouvelle Biennale en 2016

La Biennale des Antiquaires, rebaptisée Biennale de Paris depuis son annualisation dévoile enfin une première liste de participants à sa prochaine édition. Organisée par le Syndicat National des antiquaires (SNA), elle se tiendra au Grand Palais du 11 au 17 septembre prochains, soit deux jours de moins qu’en septembre dernier.

Pour l’instant, la liste comprend 95 exposants, soit un chiffre en baisse de 23 % par rapport à la Biennale de 2016 (124 exposants). Serait-ce l’une des conséquences de la fermeture du Salon d’honneur du premier étage ? L’an dernier, l’espace accueillait 11 marchands ainsi que deux expositions muséales (Mobilier National et Musée de l’Ermitage). Or cette année, l’exposition non commerciale - la collection Barbier-Mueller - prendra place sous la nef au rez-de-chaussée, réduisant probablement la place dévolue aux stands.

Parallèlement, des bruits courraient depuis des mois : « la Biennale a du mal à faire le plein. Les organisateurs ont dû partir à la chasse aux exposants», explique un connaisseur du marché.

Sur les 95 marchands présents, 60 sont français (78 en 2016) et 35 sont étrangers (43 l’an passé), européens et anglais essentiellement. Aucune enseigne américaine n’est à signaler pour cette première liste. Etrange pour un salon international, d’autant plus que le président de la Commission Biennale chargée de sélectionner les galeries participantes n’est autre que l’homme d’affaires américain Christopher Forbes.

Mais le fait le plus marquant réside dans le nombre des défections, près d’une cinquantaine ! Plusieurs poids lourds ne reviennent pas, comme les galeries Landau (Canada), Gisèle Croës (Bruxelles) et les parisiens Franck Prazan, Jean-Christophe Charbonnier, Dragesco-Cramoisan, Daniel Templon, Gabrielle Laroche ou la galerie de Bayser. D’autres galeries de renom qui manquaient déjà l’an dernier mais qui étaient présentes à la Biennale 2014 ne sont pas décidés à revenir non plus. C’est notamment le cas des galeries Vallois, Bernard Dulon, Didier Claes, Phoenix Ancient Art, Christian Deydier, Xavier Eeckhout, Siegelson, Oscar Graf, Gilgamesh, Hopkins, Moretti.

Il y a cependant des nouveaux venus ou revenants après une ou plusieurs années d’absence - ils sont une vingtaine - citons les galeries françaises Philippe Perrin, Eberwein, Eric Pouillot, Nicolas Bourriaud mais aussi Nilufar (Milan), Jean-David Cahn (Bâle), Kent Antiques (Londres) ou encore Kunsthammer (Vienne).

La section des tableaux anciens se réduit de moitié puisque d’une trentaine de participants en 2016, ils ne sont plus qu’une quinzaine. En septembre dernier, pratiquement tous les exposants du salon parisien dédié à la peinture ancienne avaient rallié la Biennale suite à la fusion des deux évènements mais visiblement, il en va différemment cette année. Les galeries Canesso, Haboldt, Jean-François Heim, Talabardon & Gautier, Terrades, Charles Beddington ou encore Carlo Virgilio ne renouvellent pas l’expérience. L’implantation de Paris Tableau à Bruxelles (8-11 juin) serait-elle la cause de cette hémorragie ? Peut-être bien.

Restent tout de même fidèles au poste les galeries Barrère, Chenel, Christophe Hioco, Kevorkian, Sycomore et Cybèle pour l’archéologie ; Bailly gallery, Brame & Lorenceau, Bérès, Boulakia, de La Béraudière, Fleury pour l’art moderne tandis que la section des arts décoratifs du XXe subit peut de remaniement avec la présence des galeries Downtown, Chastel Marechal, Gastou, Giraud, Jacques Lacoste, Marcilhac ou Mathivet. Les arts premiers accueillent une nouvelle enseigne en plus des galeries Ferrandin, Meyer et Mermoz présentent l’an dernier, avec la galerie Jean-Baptiste Bacquart. Quant aux arts décoratifs et mobilier ancien, la spécialité est renforcée. En plus des galeries Léage, Gismondi, Mullany, Röbbig Munchen, Steinitz, Tomasso Brothers, Univers du Bronze, Delvaille présentes l’année passée, les galeries Linossier, Berger, Jean-Christophe Scalabrino mais aussi Costermans (Bruxelles) ou encore Sao Roque Antiguidades (Lisbonne) rejoignent le Grand Palais.

Quant à la Haute Joaillerie - Dior, Chanel, Cartier, Van Cleef & Arpels - qui avaient déserté la manifestation en 2016 suite à des désaccords persistants avec les organisateurs, ils ne sont toujours pas revenus. Les joailliers Boghossian et Nirav Modi participent à nouveau, complétés par trois nouvelles enseignes genevoises spécialisées dans la Haute horlogerie : Montres De Witt, Journe et Vacheron Constantin.

Petite nouveauté, la CAO (Commission d’admission des œuvres) sera co-présidée par Frédéric Castaing, président de la CNE (Compagnie Nationale des experts) et Michel Maket, président du SFEP (Syndicat Français des Experts Professionnels en œuvres d’art et objets de collection). Le SNA annonce que, dans un désir de transparence, son président Mathias Ary Jan et l’ensemble des élus du syndicat « n’interviendront pas dans les décisions de la commission qui ne sera pas composée d’exposants à la Biennale. » Espérons que cette bonne résolution mettra fin à certaines mauvaises habitudes qui avaient été prises.

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