Mardi 10 décembre 2019

Ventes publiques

Avec la collection Rockefeller Christie’s annonce une nouvelle « vente du siècle »

Par Alexia Lanta Maestrati · lejournaldesarts.fr

Le 16 mars 2018 - 626 mots

PARIS

La dispersion de la collection du milliardaire pourrait dépasser 500 millions de dollars. La vente aura lieu à New York en mai 2018.

Eugène Delacroix, Le Tigre jouant avec une tortue (1862)
Eugène Delacroix (1798-1863), Le Tigre jouant avec une tortue (1862), huile sur toile, 45,1 × 62,2 cm - Vente Christie’s New York / Printemps 2018 - Estimation 5 M$ / 7 M$
©Christie’s images Limited
Courtesy Christie’s

Christie's espère établir un nouveau record avec la vente de la collection Rockefeller, estimée 500 millions de dollars, qui se déroulera à New York en mai 2018. En pleine tournée internationale, dix oeuvres de la collection, accompagnées d’experts, font escale à Paris du 16 au 21 mars 2018.

David Rockefeller, décédé en 2017 à l'âge de 101 ans, avec son épouse Peggy (1915-1996), a collectionné tout au long de sa vie. Héritier de la célèbre dynastie Rockefeller qui fit fortune dans le pétrole, David Rockefeller était banquier, philanthrope et collectionneur. Dernier des petits enfants de l’industriel et fondateur de la société Standard Oil of Ohio, ex-Esso désormais ExxonMobil, il était entré au conseil d’administration du MoMA en 1948, puis en était devenu président émérite. Il a effectué de nombreux dons à l’institution new-yorkaise. 

Christie’s se plaît à dire qu’il s’agit d’une estimation basse.  Les fonds récoltés iront à des organismes à but non lucratif à l’instar de l’université d’Harvard ou du MoMA de New York. 

Le record actuel pour une vente de collection appartient également à Christie’s avec la dispersion de la collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, qui avait atteint 390,9 millions d’euros en 2009 à Paris. Parmi les plus grandes collections vendues aux enchères, la collection de A. Alfred Taubman chez Sotheby’s New York en 2016 avait réalisé 473,5 million de dollars (382,4 millions d’euros), la collection d'Adèle et Ferdinand Bloch-Bauer en 2006 chez Christie’s avait réalisé 327,7 millions de dollars (264,7 millions d’euros) et celle du couple John Hay Whitney en 2004 chez Sotheby’s New York 320 millions de dollars. (258,4 millions d’euros). 

Compte tenu du montant de la vente, celle-ci bénéficie d’une promotion digne d’un film hollywoodien, avec une tournée mondiale à Londres, Los Angeles, Paris, Hong Kong avant d’être exposée à New York dans toutes les salles d'exposition du Rockefeller Center qui abrite Christie’s. Il y aura cinq catalogues d'exposition, trois jours de ventes, deux ventes du soir et une vente en ligne. 

Surnommée « la vente du siècle », la collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé comportait plus de 700 lots et s'était également déroulée sur trois jours et comportait cinq catalogues. Pour son dispositif promotionnel, Christie’s avait également sorti le grand jeu avec une exposition de trois jours au Grand Palais.

Elise de la Selle de Christie’s New York explique au Journal des Arts, « Pour chaque étape de la tournée nous avons choisi des oeuvres un peu différentes. Les dix oeuvres accrochées ici, font partie des plus importantes, mais ce sont aussi les oeuvres qui parleraient au public français. Elles sont soit créées par des artistes français ou réalisées en France. » Parmi elles, le lot phare Fillette à la corbeille fleurie (1905) de Picasso, d’abord acquise par Leo et Gertrude Stein (qui aura fait toute les escales) estimée à 100 millions de dollars (80,7 millions d’euros), La Vague (1888) de Gauguin ou encore Tigre jouant avec une tortue (1862) d’Eugène Delacroix. 

Autres lots clefs, Odalisque couchée aux magnolias (1923) d’Henri Matisse estimée 70-90 millions de dollars (56,5-72,6 millions d’euros), pourrait devenir un record pour l’artiste français dont l’oeuvre la plus chère vendue est la sculpture Nu de dos adjugé 34,7 millions d’euros chez Christie’s en 2010 et Nymphéas en fleur de Claude Monet estimée 50-70 millions de dollars (40,3-56,5 millions d’euros). Outre les nombreux grands noms, la vacation propose « des lots qui sortent du commun comme trois calèches » précise Elise de la Selle, et des objets plus abordables dont les enchères commenceront à 200 $ (161 euros). 

Mais au final, la collection complète des Rockefeller ne pourrait valoir qu’un Salvator Mundi

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