Samedi 24 février 2018

Attention Peinture fraîche

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 23 septembre 2016

Les peintres sont très présents cette année à la Fiac, tous styles et toutes générations confondus.

D’aucuns la considèrent régulièrement comme morte, mais la peinture a plus d’un tour dans son sac et elle n’a pas son pareil pour se régénérer. Au XIXe siècle, certains ont pensé que l’avènement de la photographie signait son acte de mort ; au XXe, la multitude des avant-gardes qui le rythment a fait croire à d’autres qu’elle ne le traverserait pas et d’autres enfin ont pensé qu’elle ne résisterait pas aux technologies nouvelles. Rien n’y a fait, la peinture est toujours là. Elle a la peau dure. Du moins a-t-elle cette faculté d’absorber et de digérer à son avantage tout ce qui advient de nouveau et de renaître sans cesse de ses prétendues cendres.

Un symptôme des tendances du marché
C’est que la peinture bénéficie d’une histoire de très longue date, de toutes sortes de traditions et de formulations les plus diverses qui soient. Aussi passe-t-elle comme incontournable. De fait, la peinture apprend à voir, à réfléchir sur ce qu’est une œuvre et son processus de création. Sur le plan économique, elle est un curseur qui signale les tendances du marché au sens où c’est toujours elle qui atteint les scores les plus hauts, comme c’est elle le plus souvent qui attire les collectionneurs qui débutent. Dans un monde qui ne cesse de bouger, elle opère somme toute comme un invariant, se donnant à voir selon le moment comme un modèle de référence du passé ou comme un mouvement d’humeur d’un présent renouvelé, ou les deux à la fois. La Fiac 2016 pencherait plutôt vers cette dernière expression, rassemblant tout autant des figures historiques, des aînés confirmés et des émergents prospectifs. Toutes générations et tous styles confondus, le visiteur y retrouvera indifféremment Martin Barré, Park Seo-Bo, Claude Viallat, Heimo Zobernig, Stanley Whitney, Alain Séchas, Adrian Ghenie, Daniel Richter, Pierre Seinturier ou Claire Tabouret, de quoi conforter son goût, éveiller sa curiosité, voire interroger ses a priori. Dans tous les cas, la peinture ne le laissera pas indemne.

Nos coups de coeur

Daniel Richter
Figure de proue d’une peinture allemande vitaliste et expressive, Daniel Richter développe depuis peu un style nouveau tant dans sa manière de peindre que dans les sujets qu’il traite. Il a notamment réalisé toute une série de tableaux inspirée des films pornos qui est richement colorée et dont les figures s’entremêlent en une sorte de danse existentielle.

Pierre Seinturier
S’il emprunte volontiers à tout un monde d’images fixes ou animées, Pierre Seinturier ne se prive pas de nourrir ses œuvres de références autobiographiques passées ou présentes. Les saynètes qu’il s’invente s’offrent à voir comme autant d’arrêts sur image qu’une culture de l’énigme fait basculer à l’ordre d’une narration tout à la fois étrange et familière.

Stanley Whitney
Originaire de Pennsylvanie, né en 1946, Stanley Whitney est un des artistes majeurs de la peinture abstraite contemporaine. Couleur et structure constituent les deux vecteurs primordiaux de sa recherche, l’une et l’autre étant envisagées dans une même osmose plastique déterminant chacune de ses peintures à l’ordre d’une composition vive et harmonieuse, façon patchwork.

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°694 du 1 octobre 2016, avec le titre suivant : Attention Peinture fraîche

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