Vendredi 20 septembre 2019

Foire

Foire d’art contemporain

Art-O-Rama, exigeante et conviviale

Par Alexia Lanta Maestrati · Le Journal des Arts

Le 5 septembre 2019 - 437 mots

Le salon atypique marseillais d’art contemporain est aussi un miroir de l’actualité.

Marseille. Pour sa 13e édition, Art-O-Rama est revenue à la Friche la Belle-de-Mai, rénovée (l’édition de l’an dernier avait été organisée sur les quais de la Joliette).

Sans la vue sur la mer, mais désormais dotée de la climatisation – dont l’absence était gênante en cette période de l’année –, c’est dans une ambiance détendue que la manifestation a ouvert ses portes sous sa forme marchande du 30 août au 1er septembre. Car une des particularités de la foire est de se poursuivre en tant qu’exposition non commerciale pendant une quinzaine de jours.

Dans une ambiance conviviale (on est à Marseille !) mais professionnelle, le salon présente des œuvres exigeantes sélectionnées par une trentaine de galeries, majoritairement étrangères. La taille réduite de la foire favorise les échanges et discussions. Et la scénographie, loin de la monotonie des formats normés des foires internationales, car ici chaque exposant dessine son stand, rend la visite d’autant plus agréable. « À Art-O-Rama, il y a une véritable prise de risque car le coût de la participation est faible. Nous pouvons montrer des artistes dont les prix ne nous permettraient pas de rentrer dans nos frais sur des foires plus importantes », explique Bruno Delavallade, directeur de la galerie Praz-Delavallade à Paris.

De nombreuses propositions reflétaient les questions sociétales du moment pour des prix compris entre 2 000 et 5 000 euros. Parmi les œuvres les plus fortes, on relèvait l’exposition personnelle de Gillian Brett (Galerie C + N Canepaneri, Milan), dont les sculptures chaotiques et poétiques constituées d’écrans et de carcasses d’ordinateurs interrogent l’impact de la transition écologique. Citons encore les imposants fragments de sculptures d’Ugo Schiavi (The Pill, Istanbul) [voir ill.] qui mêlent moulages de parties du corps humain et de sculptures historiques, réalisés lors de performances antérieures à Marseille et à Paris.

Trois foires, trois ambiances  

Événements satellites. Marseille n’est pas (encore ?) une place forte du marché de l’art contemporain. Cependant sa situation géographique, et la reconnaissance croissante d’Art-O-Rama, permettent à la cité phocéenne de proposer un véritable rendez-vous de l’art contemporain, attirant collectionneurs français et internationaux. Deux autres foires commencent à prendre racine, chacune dotée d’une spécificité et d’une sélection de galeries parisiennes et étrangères. La première, Paréidolie, désormais bien implantée, est tournée vers le dessin contemporain. Sous la présidence de Jean de Loisy, elle célébrait sa 6e édition au château de Servières où elle accueillait une quinzaine d’enseignes. La seconde, et dernière arrivée, est la « boutique fair » Polyptyque, qui rassemblait pour sa deuxième édition huit galeries consacrées à la photographie.

 

Alexia Lanta Maestrati

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°528 du 6 septembre 2019, avec le titre suivant : Art-O-Rama, exigeante et conviviale

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