Art Basel Miami, la Floride l’emporte sur New York

Par Frédéric Bonnet · Le Journal des Arts

Le 22 novembre 2016 - 534 mots

La foire célèbre 15 ans de présence à Miami Beach, en affirmant sa domination sur le marché nord-américain.

Miami beach - Et de quinze ! Alors qu’Art Basel Miami Beach verra se dérouler du 1er au 4 décembre sa quinzième édition, force est de constater que l’entreprise bâloise a largement rebattu les cartes du marché de l’art nord-américain, où elle s’est rapidement imposée comme l’acteur majeur, et que depuis son installation le paysage de l’art contemporain à Miami a changé.

Relativement à ce dernier point, la foire n’est certes ni responsable ni initiatrice de toutes les innovations apportées, mais elle a indéniablement conduit localement à une prise de conscience de ce que peuvent apporter l’art et la culture, dans une ville qui, au cours de la décennie écoulée, a connu de profondes mutations urbaines, avec la rénovation de quartiers entiers, dont certains étaient encore considérés comme des coupe-gorge au début des années 2000. Équipement à la programmation aussi solide que son bâtiment imaginé par Herzog & De Meuron, le Pérez Art Museum Miami fait figure d’emblème de ces transformations ; il accueille notamment en cette fin d’année une grande exposition dévolue à Julio Le Parc. À l’inverse, le marché de l’art reste localement, hors période de la foire, un quasi désert auquel Art Basel n’est pas parvenu à insuffler une dynamique durable. Même l’énergique Emmanuel Perrotin, qui s’y est installé plusieurs années durant, a fini par plier bagages pour migrer à New York.

À la jonction du Nord et du Sud

Reste qu’Art Basel demeure le salon le plus solide aux États-Unis. Si l’Armory Show a repris quelques couleurs, il est encore loin d’atteindre le prestige de son concurrent, et même Frieze New York, quoique très dynamique, a montré qu’elle n’avait toujours pas la capacité d’attraction internationale de Miami, judicieusement située à la jonction des Amérique du Nord et du Sud, comme il a été maintes fois relevé. Le taux de 98 % des exposants de l’année passée souhaitant renouveler leur participation est d’ailleurs significatif de l’importance de l’événement pour les marchands qui y participent.
Cette quinzième édition sera la première dont Noah Horrowitz, ancien directeur de l’Armory Show recruté en 2015 afin de devenir directeur Amériques d’Art Basel, aura la charge, même s’il n’est toutefois pas de bouleversement majeur à attendre dans l’organisation. Le nouveau directeur a néanmoins eu pour mission de maintenir l’implantation continentale des galeries participantes, puisque si les 269 exposants sont cette année originaires de 29 pays, 50 % d’entre eux ont des galeries en terres américaines.

Le salon voit néanmoins arriver de l’air frais avec des galeries telles Maria Bernheim (Zürich), Christian Andersen (Copenhague), les parisiens High Art et Crèvecœur ou Various Small Fires (Los Angeles). Quoique par petites touches, la sélection insiste également sur les liens désormais tissés avec l’Asie, ainsi qu’en atteste l’arrivée de Leo Xu Projects (Shanghaï), Edouard Malingue (Hongkong) ou Nanzuka (Tokyo) et la reconduction de galeries telles les Tokyoïtes Take Ninagawa et Tokyo Gallery BTAP ou White Space Beijing (Pékin).

Art Basel Miami Beach

Directeur global : Marc Spiegler
Directeur Amériques : Noah Horrowitz
Nombre d’exposants : 269
Tarif des stands : 840 $ le m2 (section principale)
Nombre de visiteurs en 2011 : 77 000

Art Basel Miami Beach

Du 1er au 4 décembre, Miami Beach Convention Center, Miami Beach, Floride, www.artbasel.com, le 1er décembre 15h-20h, les 2 et 3 décembre 12h-20h, le 4 décembre 12h-18h

Légende Photo :
Art Basel à Miami Beach. © Photo : Art Basel

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°468 du 25 novembre 2016, avec le titre suivant : Art Basel Miami, la Floride l’emporte sur New York

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