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FOIRE - Art Basel : le marché bat son plein

Art Basel : bilan exceptionnel

Millésime exceptionnel, la 48e édition de la foire suisse a vu revenir plus nombreux les grands collectionneurs américains et asiatiques. Moult galeries ont conclu des transactions records dès l’ouverture.

Par Stéphane Renault · Le Journal des Arts

Le 21 juin 2017 - 818 mots

La foire suisse signe l’une de ses meilleures éditions. Les plus grands collectionneurs étaient au rendez-vous dès l’ouverture. Les galeries qui avaient réservé leurs plus belles pièces pour l’occasion ont affiché des ventes records.

Stand de la galerie Van de Weghe, Art Basel 2017
Stand de la galerie Van de Weghe, Art Basel 2017
Photo Ludosane

Bâle. 2017 restera comme un millésime d’exception. De mémoire de galeriste, on n’avait pas vu un tel niveau depuis plusieurs éditions. Le gotha des collectionneurs s’est déplacé pour acheter, dès les premières heures du preview « First Choice ». L’effet Art Basel ? Cela n’a pas toujours été le cas. Le marché de l’art reprend un nouveau souffle après deux années de décrochage. Reste un statut envié, inégalé à ce jour, de foire la plus courue des connaisseurs. Avoir su s’imposer comme la première foire mondiale, marque à part entière avec des filiales à Miami et Hongkong, n’est pas dû au hasard. L’alchimie créée correspond à l’ère du temps, savant mélange de luxe et mondanités. Le cocktail parfait pour séduire les beautiful people globe-trotters et collectionneurs fortunés, de plus en plus nombreux à l’échelle planétaire depuis l’engouement généralisé pour l’art contemporain et ses cotes aux coefficients multiplicateurs miraculeux. On vient à Bâle pour voir et être vu, suivant un lifestyle mondialisé, de préférence en jet privé. Atout non négligeable de l’attractivité helvète, le secteur bancaire ne ménage pas ses efforts, encourageant un écosystème favorable. Partenaire de la foire, UBS copublie le rapport global sur le marché de l’art rédigé par Clare McAndrew. Les investisseurs privés ont intégré l’intérêt d’acheter de l’art, notamment pour diversifier un portefeuille. Une tendance appelée à durer.

Les meilleures galeries au monde
Mais ce qui fait d’Art Basel la foire de référence, c’est avant tout son offre exceptionnelle, surpassant tous les autres grands événements marchands. Les meilleures galeries au monde, des mastodontes aux jeunes émergentes, y présentent le nec plus ultra de l’art actuel comme des œuvres historiques, de niveau muséal. À Bâle, le monde de l’art vient découvrir les stars de demain à Statements et à Liste, la foire off, redécouvrir des artistes historiques tombés en désuétude dans le secteur Feature, admirer – et faire l’acquisition, pour qui en a les moyens – de chefs-d’œuvre de l’art moderne et contemporain. Le second marché y est très représenté, couvrant une vaste période récente de l’histoire de l’art ; un des atouts de la foire, qui a encore renforcé cette année la présence d’art moderne sur les stands. S’y ajoute une organisation sans faille, l’ambiance festive des soirées au Grand hôtel Les Trois Rois sur les bords du Rhin, les têtes connues croisées dans les dîners privés, Chez Donati ou au Restaurant Kunsthalle. Bâle est à l’art moderne et contemporain ce que Cannes est au cinéma, l’offre culturelle en plus : du Schaulager au Kunstmuseum en passant par le Musée Tinguely, la Fondation Beyeler… l’amateur est comblé.

Un rythme effréné de ventes
Cette année, 291 galeries triées sur le volet attendaient les collectionneurs internationaux. La concomitance de plusieurs grandes manifestations a encouragé Américains et Asiatiques, de plus en plus nombreux, à faire le déplacement. Bâle s’inscrit dans le circuit qui va de la Biennale de Venise à Documenta 14 à Athènes puis Kassel, en passant par Skulptur Projekte Münster. Des événements prescripteurs. Les artistes invités sont très recherchés par le marché. Ainsi de l’Allemand Franz Erhard Walther, Lion d’or du meilleur artiste de Viva Arte Viva, dont une très belle pièce de 1983 était proposée par Peter Freeman. Autre effet sur le marché, les records en salles des ventes. Vendu récemment au-dessus de la barre des 100 millions de dollars chez Sotheby’s à New York à un collectionneur japonais, Basquiat suscite toujours plus de désir. Une toile du peintre de 1982 a été cédée dès l’ouverture pour 12 millions de dollars par Acquavella.

Côté transactions, un grand nombre de galeries affichaient leur satisfaction dès le premier jour d’ouverture. Si la discrétion reste le plus souvent de mise sur les montants, Hauser & Wirth confirmait avoir vendu une toile de Philip Guston de 1970 pour un montant avoisinant les 15 millions de dollars. Avec plus d’une quinzaine de ventes au-dessus de six chiffres dès le premier jour, l’enseigne battait son record depuis sa participation à la foire. Même enthousiasme chez Sprüth Magers, avec plusieurs ventes dès les premières heures, dont George Condo (700 000 dollars) et Sterling Ruby (325 000 dollars). Lévy Gorvy confirmait avoir cédé un Polke pour 12 millions de dollars. Un grand paysage du peintre allemand avait aussi trouvé preneur chez David Zwirner. Chez Malborough, un splendide grand format de Bacon, Lying figure (1961), était réservé dès l’ouverture. Georges-Philippe Vallois confiait avoir vendu dès les premières heures plusieurs pièces historiques de Niki de Saint Phalle, une expansion (1969) de César, un Villeglé de 1959, des allumettes Seita de très grand format (1966) de Raymond Hains à des collectionneurs internationaux très actifs. Succès également chez Perrotin, où les œuvres de Julio Le Parc et Hans Hartung ont rapidement trouvé acheteurs.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°482 du 23 juin 2017, avec le titre suivant : Art Basel : bilan exceptionnel

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