Samedi 23 novembre 2019

Le Rose Art Museum de l'Université de Brandeis garde sa collection

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 4 juillet 2011 - 543 mots

BOSTON (ETATS-UNIS) [04.07.11] - Le Rose Art Museum de l'Université de Brandeis (Massachussets) reste ouvert et garde finalement la totalité de ses œuvres, au terme d'une bataille de deux ans.

Une décision de la justice américaine jeudi 30 juin a scellé le sort du Rose Art Museum, en question depuis plusieurs années. L'université a annoncé que le musée resterait ouvert sans mettre aucune pièce de sa collection en vente, cela au terme d'une saga qui aura duré deux ans. L'université va soutenir le musée financièrement.

« Le Rose reste ouvert, et il a un rôle important à jouer dans la vie de Brandeis », a déclaré Fred Lawrence, président de l'université, à The Art Newspaper. Il a qualifié le musée, crée en 1961, de « meilleure collection d'art contemporain en Nouvelle-Angleterre ».

L’Université de Brandeis a suscité la controverse en 2009 en annonçant la fermeture du Rose Art Museum et la vente de son importante collection d’art américain des années 1960 et 1970 évaluée à environ 350 millions de dollars qui contient des œuvres de Willem de Kooning, Jasper Johns, Morris Louis, et Helen Frankenthaler. L'université avait en effet besoin de renflouer ses caisses au moment de la crise: ses mécènes s'étaient appauvris, son fonds de dotation côté en Bourse s'était érodé.

La solution choisie avait provoqué un tollé à travers tous les États-Unis, les supporters du musée ont porté plainte, les étudiants ont organisé des manifestations. Le directeur du musée Michael Rush, informé du plan après qu'il a été approuvé par l'université Brandeis, a été élevé au rang de héros. Le directeur de l'université a cependant démenti rapidement la fermeture du musée.

Puis en 2010, l'université faisait appel à la maison de ventes Sotheby’s à titre de « courtier » pour définir un programme de location des œuvres de sa collection à d’autres musées ou institutions américaines. Cette solution, qui ne contentait pas les défenseurs du musée, n'a finalement pas abouti.

Aujourd'hui, la situation semble réglée. Fred Lawrence, devenu président de l'université en janvier a permis l'accélération du dénouement.

Il a déclaré dans une interview qu'il ne voulait pas porter un jugement sur la décision de son prédécesseur, Jehuda Reinharz, d'envisager une vente. « Je pense que c'était une époque économiquement difficile », a-t-il dit, ajoutant: « Je suis très reconnaissant d'être ici deux ans plus tard, à un moment différent, dans un ensemble de circonstances différentes. ». Pour lui, l'université a un rôle dans « la diffusion d'une tradition culturelle ».

Brandeis est dans une position beaucoup plus stable économiquement qu'en janvier 2009. M. Lawrence a déclaré que l'université procédera à la recherche d'un directeur de « classe mondiale » pour le musée, qui fêtera son 50e anniversaire cette année. En plus de la recherche de directeur, le Rose va entamer une rénovation de 1,5 million de dollars et prévoit déjà d'organiser des expositions itinérantes.

L'objectif de Lawrence est de rétablir la Rose au rang de pièce maîtresse de la vie culturelle et éducative et de rouvrir à l'automne 2011 pour les noces d'or du musée.

D'autres cas ont été constatés ces dernières années d'universités contraintes de vendre des pièces de leur collection. La Fisk University est toujours dans une bataille juridique au sujet de sa collection estimée à 30 millions de dollars.

Légende photo

Le Rose Art Museum - © D.R.

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