Mercredi 23 septembre 2020

Rueil-Malmaison (92)

Vlaminck, peintre de son instinct

Atelier Grognard, jusqu’au 25 mai 2015

Par Dominique Vergnon · L'ŒIL

Le 17 février 2015 - 316 mots

Aucune rétrospective ne lui avait été consacrée depuis trente ans. Regroupant quatre-vingt-cinq huiles sur toile, quelques dessins et des gouaches, cette exposition retrace le parcours esthétique de Maurice de Vlaminck.

Elle montre que sa peinture, invariablement associée au fauvisme, ne se réduit pas à ce seul mouvement pictural, même si au cours de cette brève période elle est la plus expressive. En effet, parti de la couleur pure « sortie du tube » et des cadrages resserrés qui marquent ses débuts, passé par une brève période cubiste et des essais pointillistes, Vlaminck s’oriente progressivement vers des tons moins stridents et des constructions spatiales plus amples. À la touche fragmentée et aux aplats de tons vifs succèdent les teintes modelées et les plans étagés qui allongent les perspectives. Peu porté vers le portrait, ses thèmes favoris sont les paysages souvent neigeux, les bords de Seine qui s’industrialisent, les plaines de la Beauce, les bois, les routes de villages, les natures mortes et les compositions florales, un domaine dans lequel sa palette reste cependant conventionnelle. Sa manière de peindre reflète son désir constant de « rendre le sentiment des choses ». Vlaminck veut être un peintre libre, rebelle aux formules apprises. Son inspiration obéit avant tout à son instinct et à sa spontanéité de créateur autodidacte. Très influencé par Van Gogh et Cézanne, il ne perd jamais pour autant cette approche personnelle du sujet qui le caractérise. « Regarder en soi » écrivait-il, règle qu’il s’appliqua d’abord à lui-même. Provenant pour plus de la moitié de collections privées, les tableaux accrochés à des cimaises aux tons hélas trop tranchés permettent de disposer de nouveaux repères dans le travail de l’artiste, d’en élargir la portée et de voir comment son style se modifie au cours des ans. Le visiteur a l’occasion de découvrir que Vlaminck, céramiste à ses heures, est aussi un écrivain fécond et un illustrateur d’ouvrages original.

« Maurice de Vlaminck, 1876-1958 »

Atelier Grognard, 6, avenue du Château de Malmaison, Rueil-Malmaison (92), www.mairie-rueilmalmaison.fr 

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°677 du 1 mars 2015, avec le titre suivant : Vlaminck, peintre de son instinct

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