Questions à… Dominique Szymusiak

Conservateur en chef du musée Matisse du Cateau-Cambrésis

L'ŒIL

Le 23 mars 2010

Quels furent les rôles de Lydia D. auprès de Matisse ?
Entièrement dévouée à Matisse, Lydia a assumé le rôle d’assistante – déchargeant le maître des tracas ménagers et assurant le bon fonctionnement de l’atelier – et de modèle récurrent. Perméables l’un à l’autre, ces divers rôles font de la Russe une figure incontournable de la vie et de la production de Matisse de 1932 à 1954.

Quelle œuvre exprime le mieux le regard que Matisse posa sur Lydia Delectorskaya ?
Le choix n’est pas aisé, d’autant que l’exposition présente 21 peintures et 150 dessins. Toutefois, il me semble que, hormis Le Rêve (1935, voir p. 84), la première toile d’importance que Matisse réalise d’après Lydia, La Blouse verte (1936) et le Nu rose sur fond rouge (1947) rendent justice, avec dix années d’écart à son modèle, à la fois gracieux et sculptural, élégant et souple.

Lydia a-t-elle influencé l’esthétique matissienne ?
De 1934 à 1939, Matisse pratiqua avec ferveur le dessin, au fusain puis au crayon ou à la plume, afin de traduire la singularité de Lydia, un modèle qu’il habillera par la suite de robes et de bijoux selon un processus qu’il déclinera longtemps avant de se consacrer à la chapelle de Vence puis aux gouaches découpées.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°623 du 1 avril 2010, avec le titre suivant : Questions à… Dominique Szymusiak

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