Mercredi 14 novembre 2018

Patrick Faigenbaum, le portrait absolument

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 1 janvier 2003 - 362 mots

Dire de Patrick Faigenbaum qu’il est d’abord et avant tout un portraitiste n’a rien de restrictif si l’on entend cette qualification au sens large du mot.

On peut en effet aborder ce genre en s’intéressant à brosser le portrait tant d’individus que de villes et c’est précisément ce que fait le photographe. S’il s’est notamment fait connaître au milieu des années 1980 avec toute une série de portraits de familles nobles italiennes et s’il a redonné vie aux portraits en buste de chacun des empereurs romains de la salle capitoline à Rome, Faigenbaum a réalisé ces dernières années des travaux à Barcelone se présentant sous l’intitulé générique de Tableaux urbains.

Plongeant au cœur de la périphérie de la ville dans le quartier du Besos, un secteur occupé par une importante communauté de gitans et d’immigrés de l’intérieur, ceux-ci délivrent toutes sortes de micro événements qui réactivent le mode de la « street photography ». Héritier d’une photographie documentaire telle qu’elle est apparue à la fin du XIXe siècle, Patrick Faigenbaum développe une œuvre d’une grande exigence dont « le contenu informatif et descriptif propre à la photographie le dispute à la rigueur et à la sophistication d’une composition toute picturale » (J.-F. Chevrier).

L’exposition duelle que lui consacrent les deux villes picardes est l’occasion pour le photographe de réunir un certain nombre d’images d’hier et d’aujourd’hui. Si les photographies présentées à Amiens visent à faire valoir la récurrence du genre du portrait dans son œuvre et les différentes manières qu’il a de le traiter, celles qu’il a faites D’après Beauvais – c’est le titre de la série – suite à une commande de la ville témoignent d’un regard autre qui met en évidence la nature interprétative de son travail. Il en résulte une sorte de confrontation tout à fait prospective qui tire sa dynamique de la force symbolique des images de l’artiste tant il s’avère que sa façon d’interpréter la réalité du monde extérieur joue toujours de l’ambivalence entre deux registres, la prise en compte d’un « étant donné » et un art consommé de la composition.

AMIENS, Maison de la Culture, 30 novembre-2 mars et BEAUVAIS, Espace culturel, 9 novembre-22 février.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°543 du 1 janvier 2003, avec le titre suivant : Patrick Faigenbaum, le portrait absolument

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