Mardi 11 décembre 2018

Pont-Aven (29)

Les voies de la modernité en Bretagne

Musée de Pont-Aven jusqu’au 11 juin 2017

Par Isabelle Manca · L'ŒIL

Le 16 mars 2017 - 322 mots

Depuis sa récente mue, le Musée de Pont-Aven a clairement changé de stature. Le petit établissement s’est considérablement étoffé et voit désormais les choses en grand.

Après sa réouverture triomphale en 2016, qui a drainé plus de 120 000 visiteurs en neuf mois, il entend bien pérenniser ce succès public, et d’estime, en proposant des prestations dignes d’un musée d’envergure. À commencer par la programmation de deux ambitieuses expositions temporaires par an. Pour son baptême du feu, le musée n’a pas cédé à la facilité. Au lieu d’une énième célébration de l’École de Pont-Aven, la maîtresse des lieux, Estelle Guille des Buttes-Fresneau, a opté pour le pas de côté. La directrice a en effet choisi d’ouvrir la focale et de raconter l’histoire de la peinture moderne à l’échelle de la région. « Pour montrer à quel point les différents courants de la modernité se sont retrouvés en Bretagne, incarnés par de grands artistes, mais aussi par des peintres nettement moins connus. » Sur ce point, l’accrochage est clairement militant, puisqu’il donne à voir une trentaine d’œuvres provenant de collections publiques et une cinquantaine encore en mains privées, dont beaucoup sont totalement inédites. Monet, Signac, Boudin et Delaunay font donc cimaises communes avec de plus petits maîtres, pour certains injustement oubliés. On y redécouvre de beaux artistes : le symboliste Albert Clouard, le cubisant Georges Sabbagh ou le fauve Jean Puy. Si les deux premiers actes de la démonstration se révèlent efficaces, fort instructifs et plaisants, la dernière partie est hélas un peu faible. Focalisée sur le foyer artistique de Concarneau, elle présente essentiellement des œuvres appartenant à la ville et qui ne sont pas exposées d’ordinaire, faute de structure idoine. Cette concentration de pièces franchement mineures rompt un peu la magie des salles précédentes. Pour ne pas rester sur cette fausse note, on ne saurait que trop conseiller au visiteur de monter dans les collections pour se
plonger dans les œuvres de Sérusier et de Gauguin.

« La modernité en Bretagne /1. De Claude Monet à Lucien Simon »

Musée de Pont-Aven, place Julia, Pont-Aven (29), www.museepontaven.fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°700 du 1 avril 2017, avec le titre suivant : Les voies de la modernité en Bretagne

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