Mardi 18 décembre 2018

Bretagne : vent d’ouest et modernité

Par Élisabeth Santacreu · Le Journal des Arts

Le 14 mars 2017 - 392 mots

Le Musée de Pont-Aven met à l’honneur les peintres modernes qui ont trouvé l’inspiration dans la région.

PONT-AVEN - Consacrée à la peinture moderne en Bretagne, l’exposition ne devait compter qu’un seul temps. Mais Estelle Guille des Buttes-Fresneau, conservatrice en chef du musée et commissaire, raconte comment, à la vue de toutes les œuvres retenues avec l’aide du co-commissaire, Hervé Duval, spécialiste des écoles bretonnes, elle a décidé de programmer d’abord un premier volet couvrant les années 1870 à 1920. Un second volet, à partir de juillet, s’intéressera aux années 1920-1940.

Lorsqu’elles sont puisées dans les institutions, les œuvres choisies ne sont pas les plus connues. Quant aux autres, les plus nombreuses puisqu’il s’agit de 53 numéros sur les 89 catalogués, elles ont été dénichées dans les collections particulières. Bonheur pour l’œil, l’exposition constitue donc aussi, selon les termes de la conservatrice, « un gros travail de synthèse » de même qu’un « pas de côté par rapport à l’école de Pont-Aven que défend le musée. »

Le parcours se divise en trois parties, présentant les maîtres (parmi lesquels Boudin, Monet, Signac, Le Sidaner, Delaunay), leur impact et enfin les foyers artistiques bretons les plus emblématiques. L’occasion de sortir des œuvres des réserves, à l’exemple des Pins à Kerfany de Constantin Kousnetzoff (1921), et, pour la première fois, de deux spectaculaires triptyques au pastel de Charles Henry Fromuth appartenant, pour l’un au Musée de Pont-Aven (Reflets de nuages, 1931), pour l’autre à la Ville de Concarneau (Thoniers à voile, 1934).

La règle a été de chercher le plus possible d’œuvres nouvelles. Ainsi pour Henry de Waroquier avec Cour de ferme, Île-aux-Moines (1900) provenant d’une collection particulière, ou pour Maurice Chabas avec la Rentrée des bateaux, le soir, sur la rivière de Placamen. Enfin, les commissaires ont ouvert des pistes : la Bretagne de Marcel Jacquier ou celle d’Henri Martin pourraient ainsi un jour faire l’objet d’une exposition.

Le seul regret est que la Loire-Atlantique ne soit jamais évoquée. La Brière de Ferdinand du Puigaudeau ou Le Pouliguen de Vuillard auraient trouvé leur place ici. Mais Mathurin Méheut sera bien représenté dans le deuxième volet de cette modernité : peut-être ses Ramasseuses de sel à Guérande feront-elles le voyage…

Légende Photo

Charles Fromuth, Thoniers à voile, 1934, tryptique, pastel sur papier, 70 x 150,5 cm, collection Ville de Concarneau. © Photo : Serge Goarin.

LA MODERNITÉ EN BRETAGNE, DE CLAUDE MONET À LUCIEN SIMON

Jusqu’au 11 juin, Musée de Pont-Aven, place Julia, 29930 Pont-Aven, tlj sauf lundi 14h-17h30, à partir d’avril 10h-18h, www.museepontaven.fr, tél. 02 98 06 14 43, entrée 7 €. Catalogue, coéd. Silvana Editoriale/Musée de Pont-Aven, 29 €.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°475 du 17 mars 2017, avec le titre suivant : Bretagne : vent d’ouest et modernité

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