Les improbables projets de Robert Morris

L'ŒIL

Le 1 juin 1999 - 236 mots

Robert Morris, l’un des fondateurs de l’art minimal, a toujours participé aux expériences les plus radicales. Réalisant des sculptures, cet artiste américain, né en 1931, est aussi graveur ; il utilise des procédés inattendus.

Ainsi, en 1962, il exécute une étonnante série de lavis sur zinc, les Morris Prints : le geste de l’auteur s’efface peu à peu, le tirage s’effectuant à partir d’un encrage unique. Ce processus se retrouve dans le Xerox Book, célèbre livre réalisé en 1968 par plusieurs artistes. Morris, par le moyen de la photocopie, montre 25 fois une image de la Terre. L’exposition de la Maison Levanneur, qui donne lieu à la publication du catalogue raisonné de l’œuvre imprimée de Morris, est consacrée à des projets conçus pour l’espace public entre 1952 et 1997. Un travail qui s’articule autour de cénotaphes, de monuments aux morts et de labyrinthes. Accompagnées d’écrits, ces estampes sont l’illustration d’une pensée critique à l’égard de notre société ; ainsi, à propos d’Une dernière demeure pour Franck « Jelly » Nash : « On pourra effectuer des moulages en plâtre des essaims d’impacts de balles qui piquent encore les murs de la gare et les vendre dans l’enceinte de la gare avec une brochure relatant l’événement. » Cyniques, ces propositions déstabilisent, suscitant la réflexion du visiteur.

CHATOU, Maison Levanneur, jusqu’au 20 juin, cat. raisonné des estampes de Robert Morris, coéd. Cneai/Cabinet des Estampes de Genève, 204 p.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°507 du 1 juin 1999, avec le titre suivant : Les improbables projets de Robert Morris

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