Vendredi 10 juillet 2020

Art contemporain

Bilbao (Espagne)

Les expérimentations de Lygia Clark

Musée Guggenheim

Par Lina Mistretta · L'ŒIL

Le 12 mai 2020 - 395 mots

Lygia Clark (1920-1988) est une figure majeure de l’avant-garde brésilienne, dont la production protéiforme s’est étendue des années 1940 jusqu’à la fin des années 1980.

Pour célébrer le 100e anniversaire de sa naissance, l’accrochage du Guggenheim de Bilbao s’est concentré sur ses années de formation qui vont de 1948 à 1958, souvent négligées dans le récit plus large de ses autres percées artistiques, cependant cruciales pour le champ d’expérimentation de Clark, entre figuration et abstraction et articulation d’un langage visuel puissant. Au cours de sa première période, elle aborde des thèmes traditionnels (portraits, natures mortes, intérieurs, architecture) qui illustrent le traitement précurseur de la ligne, de la forme, de la couleur et de l’espace qui servira de base aux créations ultérieures. En 1950, elle s’installe à Paris où elle étudie la peinture avec Árpád Szenes, Isaac Dobrinsky et Fernand Léger. Elle produit ses premières peintures à l’huile et commence à expérimenter l’abstraction. Paris accueille favorablement sa première exposition personnelle qui compte quelques-unes des pièces de cette présentation. Lorsqu’elle revient à Rio, l’Art concret commence à se développer avec l’apparition du Grupo Frente, un collectif d’artistes fondé par Ivan Serpa qu’elle rejoint en 1954. Avec lui et d’autres, elle est sélectionnée pour représenter le Brésil à la 27e Biennale de Venise. Au cours de ses recherches, elle découvre ce qu’elle appelle la « ligne organique » : c’est cette ligne qui apparaît lorsque deux surfaces planes de même couleur se touchent. Dans le même temps, elle exécute des œuvres titrées Briser le cadre. Clark entend par là faire du cadre autour de la peinture « l’un des éléments de travail de l’image elle-même ». En 1955, elle commence à fabriquer des maquettes pour des espaces intérieurs et des peintures qu’elle nomme Surfaces modulées. Le critique d’art Mário Pedrosa écrit qu’en découvrant ces Surfaces modulées, Clark a fait un pas audacieux vers l’intégration. Le point culminant de ces années est la première exposition nationale d’Art concret au Musée d’art moderne à São Paulo en 1956 et au ministère et de l’Éducation de la Culture à Rio de Janeiro (1957) qui comprend six de ses peintures. La presse brésilienne la décrit comme le témoignage le plus éloquent de la vitalité de l’Art concret dans le pays. Avec une sélection d’œuvres figuratives et des principales séries créées par Clark, cette exposition offre un aperçu intéressant de l’œuvre de cette créatrice latino-américaine de l’après-guerre.

« Lygia Clark. La peinture comme champ d’expérimentation, 1948-1958 »,
Musée Guggenheim, Abandoibarra Etorbidea, 2, Bilbao (Espagne), www.guggenheim-bilbao.eus/fr

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°734 du 1 mai 2020, avec le titre suivant : Les expérimentations de Lygia Clark

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