Art moderne

Paris-18e

Le mystère Dufy

Musée de Montmartre - Jusqu’au 12 septembre 2021

Par Marie Zawisza · L'ŒIL

Le 26 mai 2021 - 340 mots

PARIS

Tout le monde connaît Raoul Dufy, le « peintre de la joie ». Sa monumentale Fée électricitéémerveille les visiteurs du Musée d’art moderne de la Ville de Paris.

Ce même musée lui avait d’ailleurs rendu hommage en 2008 dans une grande exposition – il fut la première institution publique à le faire depuis sa mort, en 1953. La première ? Il faut reconnaître que, si ses toiles sont célèbres, le peintre (sa vie, ses goûts…) reste quelque peu méconnu : de lui, on sait surtout qu’il « apprivoisait les couleurs comme d’autres charment les oiseaux », comme l’écrivit Roland Dorgelès à sa mort. Car, s’il naquit dans une famille de onze enfants, il n’eut ni enfants, ni neveux, ni nièces – personne pour veiller sur sa postérité. Ses archives, sa correspondance ? Dufy n’aimait pas écrire. L’exposition « Le Paris de Dufy », que le Musée de Montmartre consacre au peintre, rappelle le mystère qui entoure ce charmeur des couleurs, tout en présentant quelques pièces inédites : son atelier de l’impasse de Guelma, non loin du Musée de Montmartre, longtemps laissé à l’abandon, commence en effet à livrer quelques secrets. Dès la première salle de l’exposition, le peintre nous salue ainsi dans un autoportrait inédit, retrouvé dans cet atelier. Il donne le la : en abordant un thème jamais abordé jusque-là (le Paris de Dufy), le parcours renouvelle et aiguise notre regard sur l’artiste. À travers près de 200 œuvres et documents de Raoul Dufy, les murs bleus de l’atelier de l’impasse nous enchantent, la tour Eiffel tente de voler la vedette au Panthéon, les promenades au bois de Boulogne succèdent aux soirées mondaines. Et l’on se délecte de voir Dufy jouer avec les arabesques, dissocier forme et couleur, se piquer d’intérêt pour les bois gravés, puis les arts décoratifs – comme dans ces sièges étonnants exécutés par la manufacture nationale de Beauvais, où Dufy rend hommage aux monuments de Paris, ou dans ce paravent que l’artiste semble avoir peint en lévitation au-dessus de la capitale… Ou est-ce nous qui nous envolons en le contemplant ?

« Le Paris de Dufy »,
Musée de Montmartre, 12, rue Cortot, Paris-18e, museedemontmartre.fr

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°744 du 1 juin 2021, avec le titre suivant : Le mystère Dufy

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