Dimanche 21 octobre 2018

Art moderne

Céret (66)

Le monde mental de Vieira da Silva

Musée d’art moderne jusqu’au 22 mai 2016

Par Lina Mistretta · L'ŒIL

Le 19 avril 2016 - 285 mots

Voilà une belle opportunité que propose le Musée de Céret de découvrir l’une des rares femmes peintres inscrites dans l’histoire de l’abstraction, mais étonnamment peu exposée : Maria Helena Vieira da Silva.

L’œuvre de cette artiste d’origine portugaise s’est poursuivie pendant plus de cinquante ans, avec une constance et une cohérence qui s’apprécient  comme un passionnant continuum pictural. L’univers onirique qui habite sa peinture se situe toujours à un point d’équilibre où s’opposent le rêve et la réalité, l’intérieur et l’extérieur, la vie et le théâtre, sa mémoire et celle du monde, l’ordre et le chaos. Elle déclare : « La perspective me passionne, suggérer un espace immense dans un petit morceau de toile ! » : dès 1935, elle invente un principe de représentation d’espaces qui sera le sujet essentiel de sa peinture. Elle a cette aptitude à multiplier les angles de vision, les jeux de perspectives qui se multiplient et se chevauchent. Elle fait jouer une infinité de plans qui révèlent un lointain inaccessible. Ce glissement de l’espace scénique vers les profondeurs infinies du tableau a pour point de départ des toiles composées de losanges rythmés, comme La Machine optique ou La Scala. Après-guerre, elle crée un réseau spatial structuré de damiers colorés qu’elle anime de personnages, comme La Partie d’échecs ou Les Arlequins. Dans les années 1950, elle abandonne les lieux clos au profit d’espaces ouverts : ponts, gares, villes sont d’oppressants labyrinthes des formes où le spectateur s’égare et dont elle seule connaît l’issue. Progressivement, ses toiles s’habillent d’un tissage minutieux, sorte de métaphore méditative, tel le superbe Estuaire bleu. Les œuvres de la dernière période perdent leur structure formelle et s’irradient d’une lumière diaphane. Sa dernière toile s’intitule Le Départ.

« Maria Helena Vieira da Silva. L’espace en jeu »

Musée d’art moderne, 8, boulevard Maréchal-Joffre, Céret (66), www.musee-ceret.com

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°690 du 1 mai 2016, avec le titre suivant : Le monde mental de Vieira da Silva

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