Dimanche 17 novembre 2019

Le billet : « Dynamo » ? Va va voum !

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 24 mai 2013 - 331 mots

Couvrant l’intégralité des espaces du Grand Palais, l’exposition consacrée à « Un siècle de lumière et de mouvement dans l’art, 1913-2013 » a vu grand et surtout très bien.

Chefs-d’œuvre à foison, grand spectacle et finesse intellectuelle, le parcours, certes roboratif jusqu’à l’hallucination, est à la fois divertissant et instructif. Deux notions souvent antithétiques qui sont ici parfaitement complémentaires, à l’instar des prérogatives de l’art cinétique qui sous-tend cette aventure d’un siècle. L’équipe d’historiens de l’art chapeautée par Serge Lemoine n’a pas lésiné sur les moyens et l’ambition d’écrire une histoire de l’art abstrait renouvelée. Avec un parcours commençant par les contemporains sous la houlette du Suisse John M. Armleder et un envoûtant triptyque d’Anish Kapoor, « Dynamo » réhabilite des démarches et des œuvres qui, pour certaines, étaient restées dans un purgatoire de l’histoire, trop ludiques ou formalistes, sans doute, pour être validées. La visite fourmille de splendeurs, comme ce Dan Flavin de la Dia Art Foundation, l’espace élastique de Colombo, la production de Felice Varini, et de trouvailles, à l’image de ces petites vidéos venant documenter certaines pièces désormais trop fragiles pour être activées. Bien sûr, on pourra reprocher à la partie contemporaine d’être trop restée sur la sélection déjà promue dans « L’œil moteur » à Strasbourg en 2005 et à l’épilogue d’être trop timoré. Ainsi, l’unique Giacomo Balla pour représenter le futurisme et la toile de Robert Delaunay peinent à convaincre dans une salle « Pionniers » un peu terne. Il faut dire que le reste de l’aventure est si stimulant et rétinien qu’on s’attendait à un final plus explosif. Il survient finalement dehors, une fois qu’on est sorti de ce voyage spatial et temporel complètement inouï, avec les volutes de l’installation atmosphérique de Fujiko Nakaya. L’éruption nébuleuse créée pour l’Exposition universelle d’Osaka en 1970 agit comme un seuil pour les visiteurs, signant leur transformation en « spectacteur ». C’est là la grande leçon de « Dynamo » (Galeries nationales du Grand Palais, jusqu’au 22 juillet 2013).

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°658 du 1 juin 2013, avec le titre suivant : Le billet : « Dynamo » ? Va va voum !

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