Mercredi 11 décembre 2019

La tapisserie, le double de la peinture

L'ŒIL

Le 24 août 2011 - 411 mots

En ce moment, trois expositions, à Issoudun, Angers et Bordeaux, soulignent l’intérêt qu’ont témoigné les peintres pour la tapisserie. Un intérêt qui n’a pas faibli avec les expériences modernes et contemporaines…

Sonia Delaunay
À l’instar de Jean Lurçat, Sonia Delaunay (1885-1979) s’est engagée dans le renouveau de la tapisserie. Panneau 1954, qui est la dernière collaboration de l’artiste avec le Mobilier national, est une œuvre monumentale qui résume son amour des grandes surfaces, où les tons purs sont indissociables des motifs géométriques dont les formes créent la sensation d’un mouvement continu.

« Tapisseries et cartons d’artistes contemporains », jusqu’au 27 novembre 2011. Musée de l’hospice Saint-Roch d’Issoudun (36).

Alicia Penalba
Véritable gageure pour le sculpteur argentin (1918-1982) que d’avoir réussi à transposer l’idée du volume, du haut-relief, sur un tapis mural ! Avec une grande sobriété, les formes biomorphiques aériennes, de couleur noire, réalisées en points noués, ressortent sur le fond blanc, exécuté en points plats. L’association de techniques, celles du tapis et de la tapisserie, est complètement novatrice.

Yasuko Iyanaga
L’artiste japonais appartient au mouvement international Fiber Art, ou art textile, dont les créations exécutées à partir de fibres se libèrent de l’espace mural de la tapisserie jusqu’à devenir, comme dans le cas présent, une réelle sculpture. La transformation de la matière réalisée uniquement à partir de soie et de fils souligne la générosité et la délicatesse de l’œuvre empreinte de poésie.

« Asie Europe, art textile contemporain », jusqu’au 13 novembre 2011. Musée Jean-Lurçat et de la tapisserie contemporaine, Angers (49).

Wang Kyung-Ae
L’œuvre de la Coréenne est un autre bel exemple de l’évolution de la tapisserie vers l’art textile. Sa théorie de l’image psychologique s’inspire de la théorie de l’archétype de Carl Jung. La diversité et la singularité des matériaux textiles qu’elle superpose, ici la gaze et le tulle froissés et tendus, symbolisent un archétype, celui « de la nature humaine épousant la forme d’une graine, d’un fruit, d’un utérus ».

Nicolas Poussin
Ce n’est qu’au XVIIIe que les huit tableaux de Poussin, sur le thème de l’histoire de Moïse, acquis par Louis XIV, sont tissés sur de grands formats à la manufacture des Gobelins. Dans Moïse enfant foulant aux pieds la couronne, les liciers qui ont utilisé la laine et la soie rehaussées de fils d’or ont reproduit avec une grande fidélité les couleurs de l’artiste, notamment le bleu qui lui était si cher.

« Poussin et Moïse, du dessin à la tapisserie », jusqu’au 26 septembre 2011. Musée des beaux-arts de Bordeaux (33).

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°638 du 1 septembre 2011, avec le titre suivant : La tapisserie, le double de la peinture

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