Jeudi 13 décembre 2018

À la table des conceptuels

Par Manou Farine · L'ŒIL

Le 26 août 2009 - 366 mots

Le MoMA revient sur les quelque quinze années qui auront vu s’épanouir l’art conceptuel dans sa version extensive.

Comprendre avec Lawrence Weiner et sa fameuse déclaration d’intention en 1968 : « 1. L’artiste peut concevoir l’œuvre. 2. L’œuvre peut être fabriquée. 3. L’œuvre n’a pas besoin d’être faite. Chaque partie étant de même valeur et en cohérence avec l’intention de l’artiste, la décision comme la situation repose pour le récepteur sur les modalités de la règle. ». Weiner qui figure évidemment en bonne place dans le club des dix que rassemble Christophe Cherix pour une histoire en forme de boucle – en 1970 le MoMA signait déjà, avec « Information », une manifestation précoce comptant six des dix artistes exposés aujourd’hui.
Au menu donc, un resserrage géographique pointant l’impulsion que la scène néérlandaise aura apportée à la théologie conceptuelle. C’est qu’à Amsterdam dans les années 1960 et 1970, ça transite, ça expose, ça performe et, dans les grandes largeurs, ça relaie. La galerie Art&Project y édite son fameux bulletin mensuel, simple feuillet volant distribué gratuitement et investi par la plupart de ces artistes, Sol LeWitt, Douglas Huebler, Allen Ruppersberg ou Stanley Brouwn. Stanley Brouwn justement qui établit à Amsterdam les fondements systématiques d’un art actif, producteur des traces d’échanges sociaux qu’il effectue dans l’espace public. En 1959 déjà, il dépose dans la ville des feuilles de papier qu’il récupère couvertes du passage des piétons, avant de développer un système de représentations de distances pédestres à la mesure de son pas.
Dans le même temps, des artistes comme Gilbert & George ou Lawrence Weiner transitent par la Hollande, tandis que Los Angeles accueille Ger Van Elk ou Bas Jan Ader. Un Bas Jan Ader qui, en 1975, finit par prendre à rebours la route qui l’avait mené aux États-Unis douze ans plus tôt et embarque sur un petit voilier pour une traversée de l’Atlantique en solitaire. Le projet s’appelait In search of the Miraculous II et, s’il n’avait pas disparu en mer, aurait dû se conclure par une exposition des travaux réalisés à bord au musée de Groningen.

« In&Out of Amsterdam: Travels in Conceptual Art 1960-1976 », MoMA, New York (États-Unis), www.moma.org, jusqu’au 9 novembre 2009.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°616 du 1 septembre 2009, avec le titre suivant : À la table des conceptuels

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