Jeudi 13 décembre 2018

Art contemporain

Montpellier (34)

Jonathan Meese squatte Sainte-Anne

Carré Sainte-Anne jusqu’au 30 avril 2017

Par Vincent Delaury · L'ŒIL

Le 16 mars 2017 - 299 mots

« Il m’appartient de confesser que Jonathan Meese est l’un de mes artistes contemporains préférés, et que je rêvais depuis très longtemps de travailler avec lui, sans me résoudre, par une sorte de peur enfantine du refus, à le contacter. »

Numa Hambursin, directeur artistique du Carré Sainte-Anne, accueille dans cette ancienne église transformée en espace d’art contemporain l’un des artistes les plus importants de la scène artistique allemande des quinze dernières années. « Jonathan Meese est un peintre incontournable en Europe, dont le souffle et la puissance expressionnistes ont accompagné une jeune génération de critiques et d’artistes, en France tout particulièrement », confesse Hambursin. Meese, créateur baroque, réalise une œuvre inclassable qui, en mêlant expressionnisme et actionnisme, donne naissance à un « art total » associant peinture, sculpture, installation et performance. Ici, fidèle à ses habitudes – il alimente une mythologie personnelle puisant dans des références multiples, d’Orange mécanique à Scarlett Johansson en passant par Wagner et Dark Vador ! –, l’artiste transforme la nef en une immense installation low-cost abritant jouets en plastique, dessins d’enfant, vidéos, toiles balafrées d’écritures, posters, poupées et autres « débris culturels » d’une société surconsommatrice d’images ; « J’exhume pour consumer, mon corps est le réacteur d’une immense expérience de recyclage des déchets d’un monde pollué et d’images intoxiquées. » Bien sûr, on peut y voir ici l’étalage haut en couleur d’un univers farcesque empreint de cynisme et d’une surcharge dadaïste grand-guignolesque, mais il ne faut pas s’arrêter à cette lecture-là, trop rapide, il faut davantage voir, dans ce chaos organisé, une mise en scène de l’atelier de l’artiste célébrant le flux vitaliste de ses héros et la part d’enfance de l’art qui est en chacun de nous, comme si Jonathan nous disait : « Prenez plaisir ! Retrouvez votre enfance, sans morale ni culpabilité ! » En ce sens, cette expo fraîche et décapante est une réussite.

« Jonathan Meese, Dr. Merlin de Large (Marquis Zed de Baby-Excalibur) »

Carré Sainte-Anne 2, rue Philippy, Montpellier (34), www.montpellier.fr

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°700 du 1 avril 2017, avec le titre suivant : Jonathan Meese squatte Sainte-Anne

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