Mercredi 18 septembre 2019

Galerie

Issoudun (36)

Et soudain, Velickovic…

Musée de l’hospice Saint-Roch jusqu’au 30 décembre 2015

Par Vincent Delaury · L'ŒIL

Le 22 octobre 2015 - 310 mots

Dans une scénographie impeccable (une grande profondeur de champ permet de prendre du recul pour contempler des tableaux parfois monumentaux), le Musée de l’hospice Saint-Roch consacre à Vladimir Velickovic, pour ses 80 ans, une rétrospective présentant ses premières toiles de 1959 jusqu’à ses derniers dessins de 2015.

En provenance de l’atelier de l’artiste, une série d’œuvres (peintures, dessins, cartons, sculptures) se déploie au sein d’un parcours chronologique afin de dresser un panorama complet de l’univers tourmenté de ce plasticien à la renommée internationale, qui a une vision noire de l’humanité : la guerre, le crime, la torture et autres situations terrorisantes sont les constantes d’un travail obsessionnel présentant, dans de grandes plages vides constituées principalement de noir, de gris et de blanc, des terres calcinées, des paysages désolés, des gibets, des crochets, des croix, des animaux (rats, chiens ou corbeaux) ainsi que des hommes nus affolés qui semblent vouloir fuir par les bords du support. Pour ce Serbe déraciné, marqué notamment par les crimes de la Seconde Guerre mondiale, la vie, mise constamment en danger par la violence, l’injustice ou l’absurdité humaine, est une épuisante course sans issue ; malgré ce désenchantement, le peintre n’est pas sans espoir : des feux dans la nuit et des envolées poétiques d’oiseaux apportent une certaine note positive quant à l’avenir de l’humanité. Cette exposition monographique de Velickovic, au-delà de nous rappeler combien cet artiste est grand tant il allie, avec virtuosité, puissance visuelle et charge émotionnelle, offre au moins un intérêt majeur : découvrir avec deux toiles étonnantes (Visage étrange, 1959, et Fin, 1968) les tout débuts du plasticien, lorsqu’il lorgnait du côté de Dado et d’une explosion chromatique proche de l’Abstraction lyrique. Par ailleurs, de l’inédit se donne à voir : un carnet de dessins, jamais dévoilé, présente une cinquantaine de feuilles qui aide à comprendre la genèse d’une œuvre plastique d’importance.

« Vladimir Velickovic. Peintures et dessins »

Musée de l’hospice Saint-Roch, rue de l’Hospice-Saint-Roch, Issoudun (36), www.museeissoudun.tv

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°684 du 1 novembre 2015, avec le titre suivant : Et soudain, Velickovic…

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