Vendredi 23 février 2018

Estuaire 2007

Un pont jeté entre Nantes et Saint-Nazaire

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 23 juillet 2007

Audacieusement, à l’heure où le monde de l’art va vivre un mois de juin chargé entre l’ouverture de la Biennale de Venise, la quinquennale de Kassel et la manifestation décennale de Munster, Nantes lance le premier volet d’un nouvel événement biennal dédié lui aussi à l’art contemporain.
La biennale de l’Estuaire s’étend le long de la Loire sur des dizaines de sites sur quelque soixante kilomètres. L’événement entend bien d’ailleurs dépasser sa temporalité estivale en profitant de l’occasion pour pérenniser certaines sculptures érigées dans l’espace public ou sur les rives du fleuve, c’est là son originalité. Ainsi, Ange Leccia, Daniel Buren associé à Patrick Bouchain, Jeppe Hein, Tadashi Kawamata, vont laisser leur empreinte de Nantes à Lavau-sur-Loire en passant par Couëron. Dans le parc de cette commune, Hein laisse le soin au promeneur de déclencher un jet d’eau au milieu d’un lac, en s’asseyant tout simplement sur un banc public !
Jusqu’à Saint-Nazaire, il en sera ainsi des balades accessibles offrant une sélection d’œuvres créées par des artistes confirmés. Ici un canard en plastique géant de Florentijn Hofman, là un rideau d’eau « bavard » dont les gouttes matérialisent autant de mots, prouesse technique de Julius Popp, et là encore une épave customisée par les chats de Séchas. À cela s’allie la découverte du patrimoine de l’estuaire, comme cette île Bikini conçue à partir des bateaux coulés à la fin de la Seconde Guerre mondiale et, bien sûr, de la base navale de Saint-Nazaire.
Toutes les institutions culturelles ont joué le jeu pour l’occasion, du Lieu Unique (Lire l’entretien avec Jean Blaise, L’œil n° 591) et du musée des Beaux-Arts nantais au Frac des Pays-de-la-Loire dont quatre-vingts pièces de la collection investissent le hangar à bananes du port autonome de Nantes. L’île de la ville qui accueille ces anciens entrepôts est en effet le centre névralgique de la manifestation, épicentre festif le 1er juin pour l’ouverture de la biennale, et point de départ du périple fluvial.
Après deux heures et demi de traversée sur un bateau de croisière, le parcours s’achève avec quatre propositions à Saint-Nazaire, du centre d’art Le Grand Café au port. Initiée par Jean Blaise, instigateur des Nuits Blanches, cette biennale ambitieuse combine la générosité à l’exigence. Et a retenu une leçon des fameuses nuits sans sommeil : s’inscrire sur le territoire dans la durée.

« Estuaire 2007, le paysage, l’art, le fleuve »

de Nantes à Saint-Nazaire (44), tél. 02 40 75 75 07, www.estuaire.info, du 1er juin au 1er septembre 2007.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°592 du 1 juin 2007, avec le titre suivant : Estuaire 2007

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