Mercredi 21 février 2018

Collections

De Dürer à Rippl-Rónay

Le Journal des Arts

Le 12 avril 2016

Le Musée du Luxembourg présente les œuvres phares de Budapest et d’autres d’artistes hongrois méconnus.

PARIS - Les connaisseurs le savent : le Musée des beaux-arts de Budapest, en Hongrie, recèle une des plus belles collections européennes d’art ancien, héritée en grande partie du patrimoine des princes Esterházy.

Au Musée du Luxembourg, à Paris, l’exposition « Chefs-d’œuvre de Budapest », qui comprend 85 pièces au total, leur doit beaucoup : deux beaux Cranach, dont la célébrissime Salomé, une Crucifixion de Véronèse, un monumental Saint Jacques en cavalier de Tiepolo, deux huiles de Goya très politiques, une étrange Vierge à l’Enfant de Giovanni Boltraffio, empreinte de l’atmosphère mystérieuse des meilleurs Léonard de Vinci. Ne manque à l’appel que la Madone Esterházy de Raphaël ; l’emblème du musée hongrois a été prêté en Allemagne, mais on a pu l’admirer à la Pinacothèque  parisienne en 2011.

Exposer les chefs-d’œuvre d’un musée étranger se résume souvent, pour nos institutions muséales, à l’accueil d’une exposition clés en main destinée à promouvoir une image à l’international. Or, le Musée du Luxembourg ne se contente pas d’aligner les chefs-d’œuvre des Esterházy – auxquels il faut ajouter la magistrale Marie-Madeleine pénitente du Greco et un remarquable Portrait de jeune homme de Dürer. Les commissaires français ont en effet mêlé à ce parcours conventionnel par école des œuvres d’artistes hongrois. Ainsi de cette étonnante Sainte Dorothée en bois grandeur nature, élégante et longiligne, héritage rare et anonyme de la sculpture dans le royaume de Hongrie au XVe siècle.

Deux toiles sont aussi particulièrement surprenantes et le service des produits dérivés de la Réunion des musées nationaux ne s’y est pas trompé. L’Alouette de Pál Szinyei-Merse (1882), entre symbolisme à la Magritte et nu académie digne de Cabanel, montre une femme nue allongée dans l’herbe qui prête à sourire, tant la scène est improbable. Tandis que József Rippl-Rónaï, trop rare en France, a peint une énigmatique Femme à la cage (1892) invitant à découvrir la carrière de ce peintre passé par Paris et proche des Nabis.

Chefs-d’œuvre de budapest

Jusqu’au 10 juillet, Musée du Luxembourg, 19, rue de Vaugirard, 75006 Paris, tél. 01 40 13 62 00, tlj 10h-19h, vendredi jusqu’à 21h30, entrée 12 €, www.museeduluxembourg.fr. Catalogue, Éditions RMN-Grand Palais, 208 p., 35 €.

Légende photo
József Rippl-Rónai, Femme à la cage, 1892, huile sur toile, 185,5 x 130 cm, Galerie nationale hongroise, Budapest. © Galerie nationale Hongroise, Budapest.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°455 du 15 avril 2016, avec le titre suivant : De Dürer à Rippl-Rónay

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