Vendredi 30 octobre 2020

Rome (Italie)

Art et cinéma mis sur le tapis

Villa Médicis - Jusqu’au 21 octobre 2012

Par Virginie Duchesne · L'ŒIL

Le 28 juin 2012 - 314 mots

À la fin du XIXe siècle, George Albert Smith, à Bristol, est passé des séances foraines de lanterne magique et d’hypnotisme au cinéma, pour lequel il a multiplié les effets inventifs.

À son propos, Georges Sadoul, historien du genre, écrivait :   La caméra est devenue mobile comme l’œil humain… L’appareil est désormais une créature mouvante, active, un personnage du drame… Le Monsieur de l’orchestre s’élève sur un tapis volant.  

Philippe-Alain Michaud, son cadet du Centre Pompidou, avait-il en tête cette citation – il n’en manque pas – quand il conçut l’exposition qui flotte pour l’été dans les caves et les couloirs de la Villa Médicis, avant de se redéployer aux Abattoirs de Toulouse ? L’idée en tout cas lui est venue en 2004 à Vienne. Venu pour les chassés-croisés entre arts et cinéma, défrichés au Musée d’art moderne, il est tombé au Musée des arts appliqués sur un accrochage de tapis. Il y a vu, selon ses propres termes,   le même phénomène de mise en mouvement de la surface  . Et a pensé dérouler cette trame d’un médium à l’autre.

Pour lui, un tapis n’est jamais fixe. Il s’échappe de sa matérialité, comme une caméra. À Rome, dans des espaces difficiles remarquablement occupés, le regard est déstabilisé par des images scientifiques de ballons et des bâtiments renversés qui s’échouent comme des paquebots, avant de dériver dans la poésie des voiles flottants, des tapis orientaux et des vidéos. Avec Éric de Chassey, directeur de la Villa, ils ont voulu rappeler que les Vierges en majesté trônaient volontiers sur des tapis, avant de s’attarder sur les taches de couleurs d’Anne-Marie Jugnet et Alain Clairet, tirées de la numérisation de tapis peints par Fra Angelico. Avec une infinie patience, le Palestinien Taysir Batniji a déroulé un tapis d’épluchures de crayons et de mines qu’il a appelé Coquelicots.

Tapis volants

Villa Médicis, Viale Trinita dei Monti, Rome (Italie), www.villamedici.it

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°648 du 1 juillet 2012, avec le titre suivant : Art et cinéma mis sur le tapis

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