40 ans de collections

Le groupe Dexia marie l’ancien et le contemporain

Le Journal des Arts

Le 17 novembre 2000

Pour fêter les cent quarante ans de ce qui fut, jusqu’à il y a un an, le Crédit Communal, le groupe Dexia met en scène son patrimoine dans une perspective résolument moderne et interactive.

BRUXELLES (de notre correspondant) - Dans un Passage 44 entièrement restauré sous la houlette de Frans Van Praet – même si l’alliance glaciale du gris et du jaune n’est pas du plus heureux effet –, le groupe Dexia, propose dans sa galerie une sélection des collections de l’ancien Crédit Communal, aujourd’hui membre de ce conglomérat bancaire. Célèbres, ces collections restent associées au nom d’une banque dont l’action fut déterminante, par le passé, sur le plan de la reconnaissance de l’art belge. Riche de plus de deux mille pièces, cette collection est née en 1960 en se fixant pour but d’offrir un panorama de l’art belge courant sur un siècle. Si le terminus postquem s’est maintenu – aucune œuvre ne remonte au-delà de 1860 (date de fondation du Crédit Communal) – le présent n’a cessé de filer et quarante ans plus tard, la collection entend mêler aux classiques que sont Stevens, Rops, Khnopff, Van Rysselberghe, Minne, Wouters, Permeke, Van den Berghe, Servranckx, Delvaux, Magritte ou Delahaut, des contemporains comme Marie-Jo Lafontaine ou Jacques Charlier ainsi que des jeunes, découverts grâce aux expositions AxionArt initiées en 1998 par la banque en collaboration avec les académies. L’exposition se veut le reflet de cette politique. Les chefs-d’œuvre qui faisaient la qualité de la collection côtoient des œuvres contemporaines tantôt confirmées tantôt à découvrir. D’emblée, le parti pris a été d’éviter la lourdeur didactique d’une “histoire” de la peinture et de la sculpture en Belgique. Le parcours ne respecte aucun ordre chronologique.

Mise en scène séduisante
Chaque pièce est présentée pour elle-même. Passé le premier moment de surprise, la mise en scène de Michel Bries s’avère séduisante tant elle laisse parler l’œuvre en renonçant aux discours. Les murs restent nus. Chaque tableau est accroché sur un présentoir sans doute trop voyant, mais dont le mérite est d’assurer un parfait éclairage. La succession des cimaises forme un dédale dans lequel le visiteur doit se perdre. Le regard saisit alors des regroupements – Spilliaert se tourne vers l’Abstraction géométrique, Ensor dialogue avec l’Expressionnisme, Michaux croise Dotremont... – ou des confrontations – la fillette privilégiée de Khnopff semble observer les paysans douloureux de Laermans. Labyrinthique, le parcours révèle son lot de pièces maîtresses sans qu’il soit possible de retrouver le même bonheur pour l’art contemporain que pour le XIXe siècle ou l’art moderne. La sensation de surfer s’épuise devant des artistes de moindre tenue ou devant des œuvres de moindre qualité. Certains voudront y voir le reflet d’une réalité. D’autres pourront y trouver les effets d’une politique d’acquisition moins heureuse.

- « Art@Belgium », jusqu’au 14 janvier, galerie Dexia au Passage 44, Boulevard du Jardin Botanique, 1000 Bruxelles. ouvert tlj sauf le lundi de 11 à 18 h. Tél. 32 (0) 800 99 900. www.dexia.be/ artbelgium. Catalogue de 224 p., vendu 1 750 francs belges sur place (environ 284 F).

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°115 du 17 novembre 2000, avec le titre suivant : 40 ans de collections

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