Dimanche 18 novembre 2018

Disparition

Malcolm Morley, peintre de l'hyperréalisme s’est éteint

Par Alexia Lanta Maestrati · lejournaldesarts.fr

Le 5 juin 2018 - 420 mots

NEW YORK / ETATS-UNIS

Premier lauréat du Turner Prize en 1984, le peintre britannique est décédé à son domicile à Long Island à l'âge de 86 ans.

Né en 1931 à Londres, le peintre Malcolm Morley s’est très vite établi à New York, où il passa la majeure partie de sa vie. Associé au réalisme photographique, l’artiste, lui, se décrivait comme « un peintre super-réaliste ». Les galeries Xavier Hufkens et New York’s Sperone Westwater ont annoncé qu’il s'est éteint le samedi 2 juin dans sa maison à Long Island. 

Alors qu’il était à l'école navale, un larcin l'emmène faire un séjour en prison. Enfermé, le peintre découvre l’ouvrage Lust for Life (1934), une  biographie de Vincent Van Gogh écrit par Irving Stone, qui lui donna l’envie de peindre. A sa sortie il intègre le Camberwell College of Arts à Londres, puis est rapidement transféré à la prestigieuse Royal Academy of Arts. Ses études terminées, il traverse l'atlantique en 1958 et s'établit à New York, où il côtoie les artistes de l’expressionnisme abstrait et du pop art.

Au milieu des années 1960, alors enseignant à l’Ohio State University, il devient un pionnier du photoréalisme. Essayant de reproduire un navire, il décide de prendre comme modèle la photographie du navire. Il utilise alors un système de trompe l’oeil et de grille pour construire sa toile et produit des oeuvres tels que S.S. Amsterdam in Front of Rotterdam (1966). Son style, tiré de  la photographie, se nourrit de l’imagerie des portraits de familles, des calendriers, des brochures de voyages ou encore des couvertures de journaux. 

Il expérimenta d’autres genres à l’instar du néo-romantique et du néo-expressionnisme dont il sera également l’un des précurseurs. Ses oeuvres ont souvent pour sujet les malheurs humains, représentant des accidents de voitures, de motos ou de trains comme dans Train Wreck (1975), oeuvre dans laquelle l’artiste commence à incorporer du collage. Ses peintures de navires et d’avions ne sont pas seulement le reflet de rêves d’enfance , mais les résidus du traumatisme de la Bataille d'Angleterre, dont les bombardements du Blitz, ont marqué sa jeunesse. 

En 1984, il devient le premier lauréat du Turner Prize. En 1966, il fait partie de Photographic Image, exposition majeure du Guggenheim qui explore les relations entre la photographie et les autres formes artistiques. Son oeuvre est bien accueillie en Europe, et en 1972 il participe à Documenta. Plusieurs rétrospectives lui ont été consacrées, notamment en 1983 à la Whitechapel Gallery à Londres, en 1993 au Centre Pompidou et en 2001 à la Hayward Gallery de Londres. 
 

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