Vendredi 4 décembre 2020

Centre d'art

LIEU CULTUREL

Le Lavoir numérique ouvre à Gentilly

Par Christine Coste · Le Journal des Arts

Le 10 novembre 2020 - 604 mots

GENTILLY

Ce nouvel espace culturel installé dans les anciens bains-douches de la ville veut promouvoir la création audiovisuelle.

Façade du Lavoir Numérique. © Lavoir Numérique
Façade du Lavoir Numérique.
© Lavoir Numérique

Gentilly. Le confinement au printemps a décalé son ouverture au 16 octobre et les règles sanitaires actuellement en vigueur ont obligé à remettre à plus tard le vernissage. On aurait pu souhaiter meilleur contexte de naissance pour le Lavoir numérique porté par l’établissement public territorial Grand-Orly Seine Bièvre. Reste que son ouverture à Gentilly fait figure d’événement.

Consacrée à l’audiovisuel, autrement dit à l’image fixe, l’image en mouvement et au son numériques, la dernière-née des institutions publiques n’a de fait aucun équivalent dans l’Hexagone. « Le programme architectural, confié au cabinet d’architecture Artéo, lui-même s’inscrit dans les missions imparties à la nouvelle génération d’institutions culturelles. Lieu de création, de monstration et de diffusion, le Lavoir numérique est aussi un lieu de transmission et de formation », souligne Michaël Houlette, son directeur. L’aménagement dans l’ancien lavoir bains-douches de la ville de Gentilly décline ces différentes vocations sur quatre niveaux : espace d’exposition, d’accueil et cafétéria au rez-de-chaussée ; salle de projection modulable au sous-sol et ateliers ou studios liés à la pratique – six au total –, répartis entre le premier et le deuxième étage. Coût des travaux : 7,69 millions d’euros.

Une volonté pédagogique

De l’ancien bâtiment ne demeure que la façade années 1920 en brique. Le bâti d’origine a été agrandi de manière à offrir une surface totale de 1 000 m2. La programmation trimestrielle, dénommée « séquence », s’organise autour d’une thématique ou d’une question. « Écrans partagés, la photographie après 31 ans de Web » inaugure la première séquence composée d’une exposition éponyme, d’une programmation de films ou de documentaires et d’une série d’émissions débats enregistrées en public avant d’être diffusées sur les réseaux sociaux. Des stages seront proposés à la fin de l’année, ateliers et studios offriront en juin de l’année prochaine un programme pédagogique plus élargi. L’ambition est de toucher autant les scolaires, les adolescents et les jeunes publics que les retraités. « La formation est dans notre visée, mais pas dans l’immédiat car nous voulons voir quelles vont être les réactions et les attentes du public », précise Michaël Houlette dont la double casquette de directeur du Lavoir numérique et de la Maison de la photographie Robert-Doisneau, située juste à quelques mètres en contrebas, signe l’origine du projet.

Une transformation mûrement réfléchie

Peu de temps après la création de la Maison de la photographie en 1996, par la communauté d’agglomération du Val de Bièvre, les élus de la Mairie de Gentilly se sont posés la question du devenir des anciens bains-douches de la ville fermés depuis la fin des années 1950. L’idée d’en faire une maison du son et de l’image a fait son chemin progressivement sans toutefois se concrétiser. Un temps germa aussi l’idée d’en faire un lieu exclusivement consacré aux arts numériques, comme la Gaîté lyrique avant d’être abandonnée. La nomination de Michaël Houlette en 2014 à la direction de la Maison de la photographie a réactivé et redéfini entièrement le projet. L’élargissement de la communauté d’agglomération du Val de Bièvre à d’autres communes pour devenir la communauté d’agglomération Grand-Orly Seine Bièvre a de son côté obligé à engager de nouvelles négociations avec les élus locaux pour le financement de son fonctionnement. Les résultats des dernières élections n’ont pas remis en cause le consensus sur la création du lieu, son financement et l’organigramme. Du point de vue administratif, l’équipe de la Maison de la photographie a fusionné avec celle recrutée pour le Lavoir numérique, l’effectif passant ainsi de 3 à 13 personnes. Donner les moyens aux missions d’un lieu culturel n’appartient donc pas qu’à un temps révolu.

Le Lavoir numérique,
4 rue de Freiberg, 94250 Gentilly, www.lavoirnumerique.fr

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°554 du 30 octobre 2020, avec le titre suivant : Le Lavoir numérique ouvre à Gentilly

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