Résidences d’artistes - Restauration

CITÉ D’ARTISTES

La nouvelle campagne de travaux de La Ruche-Seydoux

Par Paul Bérat · Le Journal des Arts

Le 8 juin 2022 - 655 mots

PARIS

La cité d’artistes historique est toujours en activité mais très vétuste. Son bâtiment le plus important est en train d’être restauré.

Fondation La Ruche-Seydoux - Rotonde vue des échafaudages du bâtiment Fernand Léger. © Fondation La Ruche-Seydoux
Fondation La Ruche-Seydoux - Rotonde vue des échafaudages du bâtiment Fernand Léger.
© Fondation La Ruche-Seydoux

Installée dans le 15e arrondissement de Paris depuis cent vingt ans, la Ruche est toujours en activité. Elle accueille des artistes venus des quatre coins du monde. Mais ses bâtiments sont vétustes. En briques et planches de bois usées par le temps, les infrastructures souffrent d’un manque total d’isolation. Propriétaire des lieux, la Fondation La Ruche Seydoux s’est donné pour mission de les rénover entièrement.

Dans un premier temps, en 2010, elle a restauré l’îlot central et circulaire de la Ruche, qui aurait donné son nom au lieu [voir ill]. Aujourd’hui, elle s’attaque à l’un des plus gros bâtiments du site. Depuis janvier dernier, le bâtiment Fernand-Léger accueille douze corps de métier qui s’affairent à la rénovation de ses extérieurs. Sous la conduite de l’architecte Michel Freudiger, les travaux devraient prendre fin en décembre prochain. Coût total de l’opération : 1,9 million d’euros. La fondation, qui n’a pour principale source de revenus que les maigres loyers qu’elle perçoit des artistes en résidence à la Ruche, a dû faire appel au mécénat pour couvrir les frais. La Fondation du patrimoine, la société d’investissement immobilier Gecina, le ministère de la Culture, la Région Île-de-France et la Ville de Paris ont répondu à l’appel.

La prochaine étape du chantier consiste en la restauration des intérieurs du bâtiment Fernand-Léger. Elle pourrait commencer dans un an si la fondation trouve le financement nécessaire, soit 1,2 million d’euros. Mais ce bâtiment n’est pas le seul de la Ruche à accueillir des artistes en résidence, la fondation devra aussi trouver des fonds pour remettre en état les autres habitations du site. Elle souhaiterait enfin rafraîchir le jardin qui accueillait autrefois un théâtre, la Ruche des Arts, où le comédien Louis Jouvet, parmi tant d’autres, fit ses débuts.

Au terme d’un chantier qui pourrait bien prendre au moins dix ans, la fondation espère pouvoir loger une soixantaine d’artistes. C’est moins qu’il y a cent ans (il y en avait une centaine) mais plus qu’aujourd’hui (une quarantaine). Parmi les artistes qui occupent actuellement la Ruche, quelques figures connues comme Ernest Pignon Ernest. Certains sont seulement de passage mais d’autres y passent leur vie.

Créée en 1973 par l’éditeur d’art Bernard Anthonioz, René et Geneviève Seydoux, la fondation qui porte le nom de ces deux membres issus d’une grande famille de cinéastes, à la tête de Gaumont et Pathé, assure la gestion et l’entretien des lieux. Le fondateur de la chaîne Arte, Jérôme Clément, en est l’actuel président et l’artiste Ernest Pignon Ernest, le vice-président.

Une résidence d’artistes plus que centenaire  

Histoire. La chronique de la Ruche commence au début du siècle dernier. Alors au sommet de sa gloire, le sculpteur Alfred Boucher (1850-1934) décide d’offrir aux artistes les plus démunis un lieu pour dormir et travailler. En 1900, il achète un terrain de 5 000 m2 au sud de Paris. Il y construit des ateliers à partir de matériaux issus de la démolition des pavillons de l’Exposition universelle de 1900. La construction est un peu hasardeuse mais très rapide. Et en 1903, la Ruche est inaugurée. À ses débuts, la Ruche connaît un certain succès. Elle accueille des peintres comme Fernand Léger, Ossip Zadkine ou Chaïm Soutine, mais également des musiciens, des comédiens et des poètes. Puis les deux guerres mondiales éclatent et son activité ralentit. Passé de mode, Alfred Boucher n’a plus les moyens de l’entretenir. À la fin des années 1960, l’état de la Ruche est plus que dégradé et les héritiers d’Alfred Boucher décident de la vendre à un promoteur immobilier. Mais c’est sans compter sur le comité de défense qui s’organise autour de Marc Chagall et fait appel à René et Geneviève Seydoux pour la sauver. Les Seydoux la rachètent avec quelques artistes, la restaurent puis la cèdent à la fondation qu’ils créent avec Bernard Anthonioz pour l’administrer.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°590 du 27 mai 2022, avec le titre suivant : La nouvelle campagne de travaux de La Ruche-Seydoux

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