Vendredi 14 décembre 2018

Disparition

Geneviève Claisse, figure majeure de l’abstraction géométrique, s’est éteinte

Par Alexia Lanta Maestrati · lejournaldesarts.fr

Le 2 mai 2018 - 430 mots

ECLUZELLES

Geneviève Claisse est décédée brutalement alors qu’elle continuait à produire et avait de nombreux projets d’expositions.

C’est une figure de l’abstraction géométrique qui vient de disparaître des suites d’un accident dimanche 29 avril à l’âge de 82 ans. Autodidacte, elle avait rejoint en 1958 le mouvement Abstraction Création d’Auguste Herbin dont elle était parente. Elle déménagea à Paris en 1959, et pendant un an partagea l’atelier d’Herbin. 

Au début des années 1960, elle organise les formes de ses toiles par relation, par réciprocité ou opposition. A la fin des années 1960, le cercle devient son terrain de jeu favori. Les variations de couleurs qu’elle décline font la force de ses compositions. Puis, ces figures jusqu’alors fermées, s’ouvrent, et, nourrie par l’intérêt de Geneviève Claisse pour l’art cinétique, la couleur perd de son importance pour laisser place aux lignes et aux formes occupant l’espace de la toile. 

Son ami Jean-Pierre Roquet, président des amis du Musée de Cambrai, auquel Geneviève Claisse fit don de nombreuses oeuvres, confie au Journal des Arts :  « un artiste est toujours influencé par l'ensemble de ses prédécesseurs, mais elle a eu une production tout à fait personnelle. Ses productions sont reconnaissables au premier coup d’oeil. »

Pour cette femme qui a  « toujours été dans l’abstraction » le réel n’est pas à copier dans la peinture, puisque la photographie et le cinéma le font tout aussi bien. Inspirée par Piet Mondrian, les constructivistes ou l’architecte Oscar Niemeyer , « lors de ses débuts , elle était caractérisée par des formes biomorphiques, assez répandues chez les peintres abstraits de ces années. Puis la stabilité de ses compositions a été obtenue certainement grâce à la quantité d’espace voulu entre les différents éléments présents dans sa toile »  précise Jean-Pierre Roquet.
 
Representée notamment par la galerie Denise René et la galerie Wagner, l’artiste bénéficia de nombreuses expositions en galeries et dans les foires. Elle fut largement présentée dans de grands musées lors d’expositions personnelles ou collectives (Centre Pompidou à Paris, Royal Academy of Arts de Londres, Musée Matisse de Cateau-Cambrésis) et ses oeuvres font partie de nombreuses collections publiques en France (Fonds national d’art contemporain, Musée Matisse de Cateau-Cambrésis, Musée de Cambrai, LaM de Villeneuve d’Ascq, ...) et à l'étranger (Musée Guggenheim de New York, Musée d’art contemporain de Chicago, Fondation Hirschon de Washington, le Tel Aviv Museum,...).

Pour Florence Wagner de la galerie Wagner « C’est une très grande dame de l’abstraction, une pionnière, et je trouve cela regrettable qu’elle n’ait pas eu de son vivant la reconnaissance du public et des institutions qu’elle méritait. »

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