Mercredi 25 novembre 2020

Design - Disparition

Disparition d’Enzo Mari, le maestro du design italien

Par Olivier Tosseri, correspondant à Rome · lejournaldesarts.fr

Le 19 octobre 2020 - 367 mots

MILAN / ITALIE

« Ciao Enzo. Tu t’en vas en géant », c’est par ce tweet que le président de la Triennale de Milan a annoncé la mort d’Enzo Mari.

Enzo Mari. © Alecchi/MP/Leemage via AFP
Enzo Mari.
© Alecchi / MP / Leemage via AFP

Enzo Mari s’est éteint à 88 ans au lendemain de l’inauguration de l’exposition que lui rend hommage la Triennale de Milan. Elle retrace les 60 ans d’activité d’un homme connu pour ses provocations, son intransigeance mais surtout pour son éthique et sa déontologie. 

Celui qui incarnait « la conscience du design » était né en 1932 près de Novare. Après des études à l’Académie de Brera à Milan de 1952 à 1956 il évolue dans le mouvement d’Art cinétique. Il se lie d’amitié avec le plasticien Bruno Munari qui le présente au galeriste Danese. C’est le début de sa carrière avec l’édition de son puzzle en bois « 16 animali » en 1957. En 1963 il coordonne le Groupe Nuova Tendenza et organise son exposition à la Biennale de Zagreb en 1965.  

A la question qu’est-ce qu’un bon design ? Il répondait « durable, accessible, fonctionnel, bien fait, pertinent émotionnellement, résistant, socialement bénéfique, beau, ergonomique et accessible financièrement ». Cela se traduira dans des objets iconiques comme la Box Chair (Anonima Castelli), la Sof Sof Chair (Driade) ou encore le presse-agrumes Titanic (Alessi). En 1972, il participe avec Ettore Sottsass et Vico Magistretti à l’exposition « New Domestic Landscape » au MoMA de New York qui consacre l’importance du design italien.

Ce communiste auto-proclamé, qui n’a pourtant jamais adhéré au PCI, ne cessera de fustiger les fabricants qui ont d’après lui « confisqué » la production du mobilier pour faire du client un simple consommateur passif. Il convient donc d’en faire un véritable acteur du design. C’est le but de son exposition «  Proposta per autoprogettazione » qui fait scandale en 1974. Les plans d’une collection de meubles facilement réalisables chez soi sont gratuitement fournis. Le but est de rendre l’utilisateur plus attentif à un mobilier dont il prendra plus soin ce qui allongera sa durée de vie. Un véritable manifeste du Design anti-consumériste. Sa carrière sera émaillée de nombreux coups de gueule contre le dévoiement des grands principes du design. Il sera gratifié de cinq Compasso d’oro, la plus importante récompense du design italien (1967, 1979, 1989, 2001 et 2011).

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